Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
Meurtre en thérapie — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtre en thérapie

Un roman policier à énigme dans le cabinet d'un psychologue normand

Pages 207
Langue Français
ISBN 9798197789617
Parution 20/05/2026
Format broché 12,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Honfleur, mardi 12 novembre. Dans la chambre 14 d'un petit hôtel parisien, le corps d'une jeune notaire de Caen est retrouvé étranglé par un foulard de soie ivoire. Sur la moquette, à quarante centimètres du corps, une carte de visite tombée d'une poche : Aurélien Vaubreuil, psychologue clinicien, 12 rue Haute, Honfleur. Vaubreuil n'a jamais connu la victime. Mais l'un de ses dix-sept patients a déposé cette carte.
Lequel ? Iseult, l'héritière au foulard équestre. Bertrand, l'ancien militaire devenu libraire. Olivier, l'architecte qui dessine sur son sous-main. Mathilde, l'infirmière pédiatrique. Stéphane, le courtier en assurances. Ou Léa, la patiente muette depuis cinq mois. Le secret professionnel interdit à Vaubreuil de parler. La police remonte. La presse attend. Et quelqu'un, dans Honfleur, vient de prendre la quatrième clé du cabinet.

Extrait

À dix heures sept, le mardi 12 novembre, la sonnette du cabinet retentit deux fois, ce qui n’était jamais le cas des patients. Les patients sonnaient une fois, attendaient sans réflexe d’insister, puis pesaient sur la poignée à l’instant exact où le déclic électrique libérait la porte. Cette double sonnerie, brève et un peu trop nette, n’appartenait à aucune des habitudes qu’Aurélien Vaubreuil avait classées en dix-sept ans d’exercice. Il consulta son agenda. Le créneau de dix heures avait été annulé la veille au soir par un message laissé sur le répondeur. Il referma le carnet, lissa de la paume gauche son pull en laine bleu marine, et descendit ouvrir. Honfleur, ce matin-là, dégoulinait sans pleuvoir. Une humidité salée flottait au ras des pavés de la rue Haute, accrochée aux colombages comme une condensation patiente. La lumière, basse, oblique, venait du port et entrait dans la cage d’escalier par la fenêtre du palier, en biais, posée sur le mur comme un dossier ouvert à la mauvaise page. Une femme se tenait sur le seuil, manteau couleur tabac, écharpe nouée court. Derrière elle, un homme plus jeune, vingt-huit ans peut-être, en blouson sombre, tenait une mallette plate. Ni l’un ni l’autre ne portait d’uniforme. — Aurélien Vaubreuil ? demanda la femme. — Lui-même. — Capitaine Soline Kerneur, police judiciaire de Rouen. Voici le brigadier Pascal Daviau. Auriez-vous un moment ? Elle présenta sa carte d’un geste mesuré, ni théâtral ni furtif, comme on tend une addition. Vaubreuil regarda la photographie, puis le visage, puis la photographie à nouveau. La femme avait, sur le cliché, l’air d’avoir cinq ans de plus que dans la rue. C’était inhabituel. Les administrations vieillissaient leurs administrés. — Entrez. Il les fit monter. Daviau referma la porte derrière eux avec la délicatesse d’un homme habitué à mesurer le bruit de ses propres déplacements. Dans l’escalier, l’odeur du cabinet — un mélange de papier, de café tiède et d’encaustique au bois de cèdre, fixe depuis dix-sept ans — descendit à leur rencontre. Vaubreuil ouvrit la porte du palier et leur indiqua la salle d’attente, qu’il traversa sans s’arrêter. Le bureau s’ouvrait sur la gauche. Deux fenêtres donnaient sur la Lieutenance1, dont la pierre, ce matin-là, semblait pétrie d’eau. Il leur désigna les fauteuils des patients et resta debout. — Je vous écoute. Kerneur ne s’assit pas tout de suite. Elle examina la pièce, brièvement, méthodiquement — diplômes, bibliothèque, fauteuil du praticien, sous-main, présentoir de cartes de visite à l’entrée. Le regard ne s’attardait nulle part, mais rien ne lui échappait. C’était un regard de cuisinière au marché : prix, qualité, fraîcheur, en trois secondes. Elle ouvrit la mallette que Daviau lui tendait, en sortit une enveloppe transparente, et la posa sur le bureau de Vaubreuil. — Reconnaissez-vous cet objet ? À l’intérieur de la pochette, une carte de visite, format standard, papier crème, légèrement gondolée sur un bord. Une tache d’humidité avait dilué l’encre du nom, mais le nom restait lisible. Aurélien Vaubreuil. Psychologue clinicien. Rue Haute, Honfleur. Il la prit entre deux doigts, à travers le plastique. Il la reposa. — C’est l’une des miennes, dit-il. Évidemment. — Quand l’auriez-vous remise à un patient, à un correspondant, à qui que ce soit ? — Je n’en remets jamais en main propre. Elles sont dans le présentoir à l’entrée. Les gens se servent. C’est l’usage. Kerneur hocha la tête. Daviau, à droite du bureau, écrivait dans un carnet à spirale, sans lever les yeux. — Cette carte, reprit la capitaine, a été retrouvée hier matin à six heures vingt par une femme de chambre, dans une chambre d’un hôtel parisien, rue de Buci. Sur la moquette, à environ quarante centimètres du corps d’une femme étranglée au cours de la nuit précédente. La victime s’appelait Hélène Vassoigne. Notaire associée, étude de Caen, en déplacement professionnel à Paris. Vaubreuil ne réagit pas immédiatement. Il avait, depuis dix-sept ans, l’habitude d’accueillir les phrases lourdes avec un retard de surface, calibré pour permettre à son interlocuteur d’observer le silence et de s’y reconnaître. Mais cette habitude, valable pour ses patients, ne servait à rien devant une enquêtrice. Il s’assit dans son propre fauteuil, le sien, derrière le bureau — geste qui n’était pas un acte d’autorité mais un appui matériel. — Je ne connais pas Hélène Vassoigne. — Elle n’était pas votre patiente. — Non. — Vous en êtes certain ? — Absolument. Je tiens un fichier, je l’ai vérifié à l’instant. C’était faux. Il n’avait pas vérifié.
Meurtre en thérapie par Guillaume Germain - Éditions Revolu

Dans la même collection

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience sur notre site. En continuant à naviguer, vous acceptez notre politique de confidentialité.