Éditions Revolu — Maison d'édition de guides pratiques
Meurtre à Deauville — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtre à Deauville

Roman policier – Corruption et scandale dans la célèbre station balnéaire normande

Pages 237
Langue Français
ISBN 9798249401795
Parution 22/02/2026
Format broché 14,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Deauville, fin août. Un gala de charité dans une villa de l'avenue Strassburger. Du champagne, des robes longues, des conversations feutrées sous les tilleuls. Le lendemain matin, Éric Gaultier est retrouvé mort sur son yacht, amarré au port de plaisance.
L'inspecteur Jardy ouvre une enquête. Le narrateur, invité par un ami, se retrouve mêlé à un cercle de notables où chacun protège quelque chose — une réputation, un secret, un mensonge. Une école d'arts qui reçoit des dons généreux. Un foulard orange aperçu à la capitainerie. Un verre de vin tenu trois secondes de trop. Une liste manuscrite avec un nom masqué.
Entre le bassin Morny et les Planches, dans la lumière déclinante de septembre, les façades à colombages gardent leurs secrets. Tous les indices étaient là, dès le premier soir. Personne ne les a vus.

Extrait

Le train est entré en gare avec quelques minutes de retard. Quatre ou cinq minutes, peut-être davantage. Je ne sais plus. J’avais cessé de regarder l’heure quelque part après Lisieux, quand le paysage avait changé — les champs plats de la Beauce remplacés par ces vallonnements plus doux, plus verts, où les vaches normandes broutaient avec une indifférence que je leur enviais un peu. Le wagon était presque vide. Un couple de retraités, une femme avec un enfant endormi sur ses genoux, et un homme en costume qui tapait sur son téléphone avec une intensité qui me semblait disproportionnée, même pour un dimanche de fin août. Ou un vendredi. C’était un vendredi, j’en suis à peu près sûr. La gare de Trouville-Deauville1 m’est apparue telle que je me la rappelais — les colombages sombres sur les façades claires, le toit pentu, cette allure de manoir de campagne posé au bord des voies comme si quelqu’un l’avait oublié là. Mais je n’étais plus très sûr de la couleur exacte des boiseries. Dans mon souvenir, elles étaient plus foncées. Presque noires. Elles étaient en réalité d’un brun chaud, vernissé, qui captait la lumière du soir d’une façon que je n’avais pas retenue. Marc m’attendait sur le quai. Il portait un polo bleu marine et un pantalon de lin froissé aux genoux, ce qui lui donnait l’air de quelqu’un qui vient de se lever d’une sieste sur une terrasse. Il avait un peu vieilli depuis notre dernière rencontre, à Paris, huit mois plus tôt — ou sept, je ne sais plus — mais c’était le genre de vieillissement qui va bien aux visages réguliers : quelques rides autour des yeux, un peu plus de sel dans les cheveux aux tempes, et cette peau légèrement tannée qui disait qu’il passait du temps dehors. — T’as fait bonne route ? Il avait cette façon de prononcer les mots en avalant les finales qui ne s’était pas atténuée malgré ses années en France. Cinq ans, six peut-être. Le québécois ne s’efface pas, il se met en veilleuse, et de temps en temps il revient, par bouffées, dans un mot, une tournure, une intonation qui monte là où le français de France descend. — Le train était calme, ai-je dit. Nous avons traversé le hall des voyageurs. Je me suis arrêté un instant devant les fresques de Louis Houpin2 — un plan de Deauville-Trouville et une carte de Normandie, peints dans des tons pastel qui avaient dû être vifs en 1932 et qui avaient pris, avec le temps, cette patine douce des choses que plus personne ne regarde. Les proportions étaient approximatives, les rues un peu trop larges, la mer trop bleue. Mais il y avait dans ces fresques quelque chose de touchant — le désir de fixer un lieu à un moment précis, comme si le peintre avait su que tout allait changer et qu’il fallait garder une trace. Je me demande si les gens qui passent devant chaque jour les voient encore. Marc attendait près de la sortie, les mains dans les poches. — Tu regardes encore les murs, a-t-il dit. Ce n’était pas une question. Dehors, la lumière avait cette qualité particulière des fins de journée d’été en bord de mer — pas encore dorée, pas encore déclinante, mais déjà différente de celle de l’après-midi, comme si l’air s’était chargé d’une substance invisible qui adoucissait les contours. La place Louis Armand était presque déserte. Un bus vert du Calvados stationnait le long du trottoir, moteur coupé, et le chauffeur fumait une cigarette appuyé contre la porte avant, avec cette patience particulière des gens qui attendent quelque chose dont ils savent exactement quand ça arrivera. Nous avons traversé la place en direction du bassin Morny. Je n’avais pas remis les pieds à Deauville depuis — combien ? Sept ans. Huit peut-être. La dernière fois, c’était pour un week-end avec Laurent, mon compagnon de l’époque, un week-end dont je ne garde presque aucun souvenir précis, seulement une impression de pluie et de restaurants fermés. Ou peut-être que les restaurants étaient ouverts et qu’il pleuvait seulement dans ma mémoire. C’est difficile à dire. Les souvenirs de cette période sont recouverts d’une espèce de grisaille uniforme qui n’a peut-être rien à voir avec la météo. Le bassin Morny est apparu d’un coup, au détour de la rue, et j’ai eu cette sensation brève — pas de l’émotion, plutôt une sorte de reconnaissance physique, comme quand on retrouve l’odeur d’un endroit qu’on a quitté.
Meurtre à Deauville par Guillaume Germain - Éditions Revolu

Dans la même collection

Mossad

Gabriel Dayan
★★★★☆

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience sur notre site. En continuant à naviguer, vous acceptez notre politique de confidentialité.