Éditions Revolu — Maison d'édition de guides pratiques
Meurtre à Strasbourg — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtre à Strasbourg

Un thriller psychologique sur l'emprise et la manipulation mentale

Pages 329
Langue Français
ISBN 9798255736836
Parution 09/04/2026
Format broché 14,90 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Novembre 2025. Dans la brume d'un petit matin, un corps est repêché dans l'Ill, sous les arcades du quai des Bateliers. Une femme de cinquante ans, manteau taupe, poches lestées de cailloux plats. Sur le piano de son appartement, une partition de Schumann ouverte à la page dix-huit. À côté, une lettre. L'écriture est trop régulière.
L'inspecteur Daniel Jardy arrive de Paris à la demande du parquet. Les premiers indices convergent vers un suicide. Jardy n'y croit pas. Un stylo plume, une étiquette d'accordeur datée de six jours avant la mort, deux tasses lavées sur un égouttoir. Et ce nom, murmuré par une voisine sur le palier : Hélène.
Bientôt, un second corps tombe au pied de la cathédrale. Quelqu'un, quelque part, tient ses comptes depuis très longtemps.
Huit jours pour remonter jusqu'à une cave de Mulhouse, un dimanche matin de 1987.

Extrait

Quai des Bateliers, six heures du matin Le corps flottait à hauteur du pont Sainte-Madeleine, pris contre l’une des piles, la tête tournée vers l’amont. Un marinier l’avait vu le premier, peu avant six heures, alors qu’il descendait vers le bassin d’Austerlitz pour préparer son bateau-mouche. Il avait d’abord cru à un sac. Les sacs flottent bien dans l’Ill à cette saison — les sacs de toile qu’on jette depuis les quais, les sacs de voyage oubliés par les fêtards. Le marinier s’appelait Klébert1, il avait soixante-trois ans, il travaillait pour Batorama depuis trente-deux, et il savait reconnaître un corps à la façon dont l’eau le porte. Il avait appelé les pompiers depuis son téléphone, pas depuis celui du bureau. Plus tard, on lui demanderait pourquoi et il ne saurait pas répondre. Il avait simplement composé le dix-huit en regardant le corps, et il avait donné l’adresse en répétant deux fois « sous les arcades, à hauteur du pont Sainte-Madeleine, côté quai des Bateliers ». Le standardiste lui avait demandé de rester sur place. Il était resté. Ce qui frappait, à cette heure-là, c’était le silence. Strasbourg dort tard en novembre. Les cafés du quai n’ouvrent pas avant sept heures, les boulangers de la rue des Veaux commencent à allumer leurs fours vers cinq heures et demie mais l’odeur ne monte jusqu’au quai qu’un peu plus tard, quand le vent tourne. Klébert avait dit plus tard qu’il avait entendu une cloche. Il ne savait plus laquelle, peut-être celle de Saint-Guillaume de l’autre côté de l’eau, peut-être celle du Temple-Neuf plus au nord. Les cloches se confondent quand on vit longtemps au bord de l’Ill. On finit par ne plus les distinguer. Les pompiers étaient arrivés à six heures douze. Le véhicule de la brigade fluviale s’était garé sur le quai Saint-Nicolas, de l’autre côté, parce qu’il y avait plus de place pour manœuvrer. Deux hommes étaient descendus avec une gaffe et une couverture de survie. L’un d’eux était très jeune, vingt-cinq ans peut-être, et il avait le visage fermé de ceux qui n’en sont pas à leur premier corps mais qui n’y sont pas encore habitués. L’autre, plus âgé, plus lourd, avait tout de suite regardé le ciel avant de regarder l’eau. On fait parfois ça, sans s’en rendre compte. Comme pour demander la permission. Le brigadier de permanence est arrivé à six heures dix-sept. Il s’appelait Schmitt, il venait du commissariat central de la rue de la Nuée-Bleue, et il avait un carnet à spirales qu’il tenait contre lui comme un missel. Il a noté l’heure, la position du corps, la température de l’air, quatre degrés, et l’état du pavé. Le pavé du quai des Bateliers est ancien, irrégulier, glissant par temps de pluie. Il avait plu dans la nuit. Pas beaucoup. Une de ces petites pluies de novembre qui laissent le sol noir sans le mouiller vraiment. Une femme promenait un chien sur l’autre rive, un petit teckel à poil dur qui avait senti quelque chose et qui tirait sur sa laisse. La femme portait un manteau bleu marine et un bonnet rouge. Schmitt a traversé par le pont pour lui demander de passer son chemin, poliment, en lui montrant sa carte. Elle a insisté pour savoir ce qui se passait. Il a dit « un incident », ce qui est le mot qu’on utilise quand on ne veut rien dire. Elle a repris sa promenade vers le quai des Pêcheurs sans se retourner. Le teckel, lui, s’est retourné plusieurs fois. Les pompiers ont sorti le corps à six heures vingt-neuf. C’était une femme. Un manteau long, de bonne coupe, couleur taupe, boutonné jusqu’en haut. Des bottines plates, noires, sans talon. Les cheveux étaient courts, d’un noir qui commençait à peine à grisonner aux tempes. Le visage gardait cette expression un peu étonnée qu’ont parfois les noyés, pas de la peur, pas de la souffrance, quelque chose qui ressemble plutôt à une interrogation restée en suspens. Le jeune pompier a détourné les yeux une seconde avant de revenir au corps. Son collègue a dit, d’une voix neutre, qu’il n’y avait pas de sang. Schmitt a ouvert le manteau pour chercher des papiers. Et c’est à ce moment-là qu’il a trouvé les pierres. Les deux poches intérieures étaient lestées. Pas remplies à ras bord mais lestées avec soin, trois ou quatre cailloux dans chaque, plats, ronds, de ceux qu’on ramasse sur une berge quand on prend le temps. Schmitt en a sorti un et l’a tenu dans sa paume.
Meurtre à Strasbourg par Guillaume Germain - Éditions Revolu

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