Thriller et policier
Un enquêteur est envoyé par la France. Il découvre une chambre scellée sous la basilique Saint-Pierre, un parchemin en araméen du Ier siècle, et des bougies dont la disposition dessine un mot que personne ne sait lire. Dans les réserves d'un musée que personne ne visite, un corps enveloppé dans de la toile de jute. À Vienne, un crucifix en ébène porte au dos une inscription vieille de trois siècles — les mêmes lettres.
Un cardinal. Un ancien garde suisse devenu prêtre. Un moine qui murmure jour et nuit dans une langue qu'il n'a jamais apprise.
Certains secrets ne sont pas cachés. Ils sont gardés.
Meurtre au Vatican
Un thriller d'espionnage au cœur du plus petit État du monde
Format broché
14,90 €
Format Kindle
6,99 €
Présentation
Rome, mars 2025. Un archiviste est retrouvé mort dans la Nécropole vaticane, couché contre un mur du IIe siècle, les mains jointes. Pas de blessure. Pas de trace. Une paléographe française a disparu.Un enquêteur est envoyé par la France. Il découvre une chambre scellée sous la basilique Saint-Pierre, un parchemin en araméen du Ier siècle, et des bougies dont la disposition dessine un mot que personne ne sait lire. Dans les réserves d'un musée que personne ne visite, un corps enveloppé dans de la toile de jute. À Vienne, un crucifix en ébène porte au dos une inscription vieille de trois siècles — les mêmes lettres.
Un cardinal. Un ancien garde suisse devenu prêtre. Un moine qui murmure jour et nuit dans une langue qu'il n'a jamais apprise.
Certains secrets ne sont pas cachés. Ils sont gardés.
Extrait
Le téléphone a sonné à trois heures du matin. Je ne dormais pas. Je lisais un article sur la décomposition des papyrus en milieu anaérobie, ou peut-être sur les protocoles de datation au carbone 14 appliqués aux textiles funéraires — je ne sais plus très bien. Les deux sujets m’intéressaient à peu près également, c’est-à-dire assez pour ne pas dormir, pas assez pour que je m’en souvienne avec certitude le lendemain. L’écran affichait un indicatif que j’avais reconnu avant même de décrocher. On ne reçoit pas beaucoup d’appels de l’ambassade de France en Italie à trois heures du matin quand on a quitté le service depuis cinq ans. On n’en reçoit qu’un seul, et c’est toujours le même homme qui appelle. — Il y a un mort qui ne devrait pas l’être et une vivante qu’on ne trouve plus. La voix de Thomas Grangier n’avait pas changé. Sèche, précise, un léger sourire dedans même quand il annonçait un cadavre. Je l’avais connu vingt ans plus tôt, à la Direction, quand nous travaillions ensemble sur des affaires que personne d’autre ne voulait toucher — celles où les gens mouraient dans des circonstances que la médecine légale ne parvenait pas à élucider et que la hiérarchie préférait classer sans délai. On nous appelait le bureau des saints, ce qui n’était drôle pour personne sauf pour nous. J’avais quitté le service. Grangier, non. Grangier ne quittait jamais rien — ni les institutions, ni les enquêtes, ni les gens dont il avait besoin. — Où ? — Au Vatican. J’ai posé mon article sur la table de nuit. Ou sur le sol. Il me semble que c’était sur le sol, parce que la table de nuit était encombrée par un verre d’eau, une boîte de mélatonine et un carnet dont je ne me servais plus depuis des mois mais que je conservais là par une sorte d’inertie que mon analyste qualifierait probablement de transitionnelle. — Je prends le premier vol. — Fiumicino. Je t’attends à la Porte Santa Anna à sept heures. Apporte ton passeport et ta patience — ici, tout le monde parle lentement et personne ne dit rien. Il a raccroché. Grangier raccrochait toujours avant que l’autre ait fini de réfléchir. Ce n’était pas de l’impolitesse — c’était une conception très particulière de la communication, qui consistait à ne transmettre que le nécessaire et à considérer que le silence qui suivait appartenait à l’interlocuteur. J’ai regardé le plafond un moment. Le plafond de mon appartement, rue des Martyrs, présentait une fissure en forme de Y que j’observais depuis trois ans sans jamais la faire réparer, et un luminaire en laiton acheté aux Puces de Saint-Ouen un dimanche de pluie dont je ne me rappelais plus l’année. Je me suis levé. J’ai fait du café. J’ai préparé un sac. Ces trois gestes, dans cet ordre, constituaient le protocole exact de chacun de mes départs imprévus depuis vingt ans — Beyrouth, Pristina, Lourdes, Chartres, ce monastère dans les Cévennes dont je n’ai jamais retrouvé le nom sur une carte. Le café d’abord, parce que la caféine structure la pensée mieux que l’urgence. Le sac ensuite, parce qu’un sac préparé lentement est un sac où l’on n’oublie rien. Ou presque rien. L’avion décollait de Roissy à cinq heures quarante. Un vol à moitié vide, dans cette lumière bleutée des cabines nocturnes qui donne aux passagers endormis l’allure de gisants. Je n’ai pas dormi. J’ai regardé par le hublot la nuit au-dessus des Alpes, puis l’aube qui perçait quelque part au-dessus de la plaine du Pô — une clarté diluée, rose et grise, qui montait par strates successives. L’hôtesse a proposé du jus d’orange. J’ai refusé. L’homme assis de l’autre côté de l’allée lisait un guide touristique de Rome et cornait les pages avec une application méthodique qui m’a distrait pendant quelques minutes. Il avait corné la page de la basilique Saint-Pierre, celle de la chapelle Sixtine et celle d’une pizzeria du Trastevere. L’ordre de ses priorités me semblait défendable. Je n’étais pas retourné à Rome depuis douze ans. Un colloque de philosophie à l’Université La Sapienza, en septembre — il me semble que c’était en septembre, parce que je me souviens de la chaleur, et que la chaleur à Rome en septembre possède une qualité particulière, plus dense, plus résignée que celle de juillet. Le colloque portait sur Plotin. Ou sur Proclus1.