Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
Meurtre à Pétaouchnok — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtre à Pétaouchnok

Une enquête burlesque entre meurtre et mariage

Pages 221
Langue Français
ISBN 9798195724764
Parution 05/05/2026
Format broché 14,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Vous croyez avoir tout lu en matière de polars de campagne ? Bienvenue à Pétaouchnok.
Une commune qui ne figure sur aucune carte. Un panneau d'entrée qui annonce 4 312 habitants, un panneau de sortie qui en compte 4 309. Une mairie installée dans un ancien bowling. Une église reconvertie en fromagerie. Un facteur qui distribue le courrier d'avant-hier. Et, un mardi de novembre, dans la salle des fêtes municipale, le corps d'un notaire allongé sur un buffet de mariage interrompu, une fourchette à escargots dans le dos et un demi-camembert sur le visage.
L'inspecteur Cornélius Vasselot débarque de Paris pour résoudre l'affaire. Il pensait passer trois jours. Il va découvrir que les invités ont tous un alibi, que personne n'a rien vu pendant Les Lacs du Connemara, que le défunt n'a peut-être jamais existé, et qu'à Pétaouchnok, on l'attendait depuis bien plus longtemps qu'il ne l'imaginait.
Une enquête où chaque témoin ment poliment. Un village où chaque habitant cache quelque chose. Et un inspecteur qui finira par se demander qui, entre lui et la commune, a vraiment besoin d'être sauvé.

Extrait

La 4L de service du commissariat du quinzième arrondissement avait été immatriculée en 1979, avait connu trois ravalements, sept boîtes à fusibles, et une carrière qu’aucun véhicule de la République n’aurait dû connaître. Cornélius Vasselot, inspecteur principal en disgrâce, l’avait reçue le matin même avec les clés et un sourire — celui du brigadier-chef qui fournit le matériel, et qui ne fournit jamais le bon. — Elle marche, avait dit le brigadier-chef. — Elle marche jusqu’où ? — Jusqu’où vous allez. C’était une réponse de fonctionnaire, et Vasselot, qui en avait connu, n’avait pas insisté. Six heures plus tard, deux cents kilomètres plus loin, sur une départementale qui s’enfonçait dans une campagne dont aucune carte routière ne reconnaissait l’existence, il commençait à se demander si le brigadier-chef ne s’était pas avancé. La troisième vitesse était partie quelque part entre Étampes et Pithiviers ; la deuxième tenait par habitude ; la quatrième, qu’il fallait enclencher avec une douceur de chirurgien, refusait catégoriquement les côtes au-dessus de cinq pour cent. Il avait monté la dernière en première, moteur hurlant, vapeur s’échappant du capot comme d’une cocotte oubliée sur le feu. Au sommet, un panneau planté de travers indiquait quelque chose qui ressemblait à PÉTAOUCHNOK en lettres de fonte rongées par la rouille, sous lesquelles un farceur — ou un cantonnier zélé, c’est souvent la même chose — avait écrit au pinceau noir : 4 312 habitants. Il s’arrêta. Coupa le contact. Le moteur, dans un dernier soupir bourgeois, refusa de mourir et continua de cliqueter trois bonnes secondes après l’extinction des feux. Vasselot descendit, fit le tour du véhicule, donna un coup de pied dans le pneu arrière droit par tradition policière, et alluma une cigarette. C’est en se retournant qu’il vit l’autre panneau. L’autre panneau était à trente mètres derrière lui, dos tourné, et indiquait PÉTAOUCHNOK — le panneau de sortie, donc — avec, dessous, en chiffres tout aussi rugueux : 4 309 habitants. Vasselot, qui avait passé l’essentiel de sa carrière à compter des suspects, des alibis et des fausses déclarations, recompta. Quatre mille trois cent douze à l’entrée. Quatre mille trois cent neuf à la sortie. Trois habitants disparaissaient dans la traversée d’une ville qu’aucune carte ne mentionnait, ce qui statistiquement1 méritait au moins une enquête. Il jeta sa cigarette, remonta dans la 4L, et redémarra. La descente était plus douce que la montée, ce qui faisait l’affaire d’une voiture qui n’avait plus que deux vitesses sur quatre, et il découvrit Pétaouchnok comme on découvre une chose qu’on ne cherchait pas : par accident. Le bourg s’étalait au creux d’une cuvette boisée, traversé par une rivière dont le nom — il le saurait plus tard — variait selon le côté de la rive d’où on la regardait. Toits d’ardoise. Clocher trapu, sans pointe, comme amputé d’avoir voulu monter trop haut. Une place centrale, pavée à l’ancienne, avec une fontaine au milieu, et autour de la fontaine, des bâtiments dont aucun n’était à sa place. Vasselot identifia, dans l’ordre : — Une église qui n’était plus une église, à en juger par l’enseigne Fromagerie Saint-Médard fixée sur la porte du parvis ; — Un café qui s’appelait Le Chien-Qui-Tousse et dont la devanture était peinte en vert pomme ; — Une librairie La Page Dérobée ; — Et, en face de la fontaine, occupant un long bâtiment bas en parpaings d’agglomérés peints en blanc, ce qui devait être la mairie, à condition qu’on accepte qu’une mairie puisse se trouver dans ce qui avait manifestement été, avant elle, un bowling. L’enseigne Strike Bowling était toujours là, en lettres rouges, avec une boule en relief frappant trois quilles dans un nuage d’étoiles. Quelqu’un — le même farceur qui avait peint les chiffres sur le panneau, ou son cousin germain — avait planté en travers de l’enseigne une planche de pin sur laquelle on lisait, écrit au feutre Bic noir d’une écriture appliquée mais limitée : MAIRIE DE PÉTAOUCHNOK. Vasselot rangea la 4L sur le parking, devant deux Renault Estafette qui n’avaient plus roulé depuis Pompidou, et descendit pour la deuxième fois en vingt minutes. Le maire l’attendait sur le perron. C’était un homme d’environ soixante ans, en costume gris fer trop large d’une demi-taille, cravate desserrée, et — c’est ce que Vasselot remarqua d’abord, parce qu’on remarque toujours ces choses-là avant le visage — chaussé de pantoufles à carreaux écossais.
Meurtre à Pétaouchnok par Guillaume Germain - Éditions Revolu

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