Éditions Revolu — Maison d'édition de guides pratiques
Meurtre à Cognac — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtre à Cognac

Un thriller psychologique où les secrets de famille tuent plus sûrement que le poison

Pages 259
Langue Français
ISBN 9798254455172
Parution 31/03/2026
Format broché 14,90 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Cognac, une nuit de juin. Henri Soulier, soixante-douze ans, patriarche d'une maison de négoce fondée en 1921, est retrouvé mort dans sa bibliothèque. Un verre de cognac hors d'âge posé près de lui, à moitié bu. Sur le guéridon, à côté du verre, une tasse de tisane que personne ne réclame.
Henri s'apprêtait à modifier son testament. Trois enfants, une seconde épouse, une sœur qui sait tout et ne dit rien. Un dîner de famille la veille — le dernier. Tout le monde affirme qu'Henri s'est retiré seul. Tout le monde ment, mais pas sur la même chose.
L'inspecteur Jardy, dépêché depuis Angoulême, note la tasse. Il ne sait pas encore pourquoi. Il le saura.
Dans les familles, les secrets vieillissent comme le cognac. Ils perdent chaque année un peu de substance. Jusqu'au jour où quelqu'un ouvre le fût.

Extrait

J’ai reconstitué cette soirée à partir de ce que chacun m’en a dit. Les témoignages ne concordaient pas toujours — sur l’heure d’arrivée, sur la disposition des convives à table, sur ce qu’Henri avait dit exactement. Mais les souvenirs des uns et des autres, leurs hésitations, leurs corrections, leurs silences surtout, m’ont permis de me faire une idée assez précise de ce dîner du 14 juin 2025, le dernier qu’Henri Soulier ait donné dans la maison du boulevard Denfert-Rochereau. La maison elle-même, je l’ai vue le lendemain matin. Une bâtisse de pierre blonde à deux étages, fin dix-huitième, avec un perron à trois marches et des volets gris qu’on n’avait pas repeints depuis un moment. Le jardin donnait sur l’arrière, côté sud, séparé de la rue par un mur assez haut que le lierre recouvrait à moitié. Une belle maison, sans ostentation — le genre de demeure que les familles du négoce cognaçais se transmettaient de génération en génération en ne changeant que le papier peint et le compteur électrique. Il semble que Max soit arrivé le premier. Max Soulier, l’aîné, quarante-huit ans. Michèle m’a dit qu’il était déjà dans le vestibule quand elle est descendue vérifier la table. Camille affirme le contraire — selon lui, c’est Ingrid qui était là en premier, assise dans le salon, un verre de vin blanc à la main. Je crois que c’est Max. Il y avait chez Max une ponctualité nerveuse, une façon de se présenter toujours un peu trop tôt qui trahissait le besoin d’occuper le terrain avant les autres. Il portait un costume gris, une chemise blanche sans cravate, et il avait cet air qu’il avait toujours quand il entrait dans la maison de son père — un mélange de raideur et de familiarité contrariée, comme un locataire qui viendrait visiter un appartement qu’il connaît déjà par cœur. Max dirigeait la maison de négoce Soulier depuis quinze ans. Quatre générations de Soulier avaient assemblé, vieilli et vendu du cognac depuis 19212, et c’est Max qui faisait tourner la boutique — les chais de la rue de la Société Vinicole, les contrats d’exportation, les assemblages, les relations avec les viticulteurs. Il s’y était consacré avec une obstination que tout le monde saluait et que personne n’admirait. Henri le premier. Max le savait. Il ne le disait jamais. Mais ses mains, posées sur la table du dîner, ne restaient jamais immobiles — elles tapotaient, se croisaient, se décroisaient. Des mains qui n’avaient pas appris à ne rien faire. Camille est arrivé ensuite. Camille Soulier, le cadet, quarante-trois ans. Il n’était pas revenu à Cognac depuis quinze ans. Je ne sais pas ce qu’on éprouve quand on rentre chez son père après quinze ans d’absence, mais je sais ce qu’Astrid m’a dit de son arrivée : « Il est resté un moment devant la porte, comme s’il ne reconnaissait plus la sonnette. » Camille était mince, le visage fin, avec des lunettes à monture d’écaille et des vêtements qui sentaient Paris — un pantalon de lin froissé, une veste bleue un peu trop étudiée pour un dîner de famille à Cognac. Il travaillait dans l’édition. Il avait quitté la maison à vingt-huit ans, rompu avec le négoce, rompu avec cette vie-là. Henri l’avait appelé trois semaines plus tôt pour l’inviter. « Il m’a dit qu’il avait besoin de nous voir tous ensemble, m’a raconté Camille. Que c’était important. Il n’a pas dit pourquoi. » Ingrid était déjà dans le salon. Ingrid Donnedieu, trente ans, la benjamine — fille d’Henri et d’Astrid, née du second mariage. Donnedieu était le nom d’un premier mariage bref dont elle ne parlait guère. Grande, blonde, des traits nordiques hérités d’Astrid mais en plus anguleux, avec un regard direct qui mettait les gens mal à l’aise — non pas par hostilité, mais par une attention trop franche, comme si elle refusait d’accorder aux autres le confort de ne pas être vus. Elle travaillait dans l’export de cognac pour une maison concurrente, ce qui irritait Henri et fascinait Max pour des raisons différentes. Ingrid buvait son vin blanc à petites gorgées. Elle portait une robe verte. Ou peut-être grise. Non, verte — Michèle me l’a confirmé. « Ingrid était en vert, j’en suis sûre, parce qu’Henri a dit en la voyant : tu ressembles à ta mère. » C’était un compliment, peut-être le dernier qu’il lui ait fait. Astrid se tenait entre la cuisine et le salon, dans cet entre-deux qui était le sien depuis trente ans. Astrid Soulier, née Lindqvist, cinquante-huit ans.
Meurtre à Cognac par Guillaume Germain - Éditions Revolu

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