Thriller et policier
Une échappée meurtrière de la place de la République à l'Opéra Garnier, d'un bassin du Luxembourg à une arche du pont Alexandre-III, des marches du Panthéon aux souterrains du Palais-Bourbon. Paris, avril 2027 : la campagne présidentielle déraille quand un premier cadavre apparaît au pied de Marianne — un éditorialiste célèbre, gorge tranchée, un micro dans la bouche.
Cinq meurtres. Cinq cartons numérotés. Cinq menteurs démasqués après coup. Et une commandante de la brigade criminelle, Alice Verdier, qui devra choisir entre la loi qu'elle sert et la vérité qu'elle découvre — en sachant que les deux ne mènent pas au même endroit.
Le sixième carton n'a pas encore été écrit. La République, elle, continue de voter.
Le Serial Killer de la République
Thriller noir — Paris 2027, cinq mises en scène macabres en pleine campagne présidentielle
Format broché
12,50 €
Format Kindle
6,99 €
Présentation
« 1/6 — Ceux qui mentent au peuple méritent que le peuple le sache. »Une échappée meurtrière de la place de la République à l'Opéra Garnier, d'un bassin du Luxembourg à une arche du pont Alexandre-III, des marches du Panthéon aux souterrains du Palais-Bourbon. Paris, avril 2027 : la campagne présidentielle déraille quand un premier cadavre apparaît au pied de Marianne — un éditorialiste célèbre, gorge tranchée, un micro dans la bouche.
Cinq meurtres. Cinq cartons numérotés. Cinq menteurs démasqués après coup. Et une commandante de la brigade criminelle, Alice Verdier, qui devra choisir entre la loi qu'elle sert et la vérité qu'elle découvre — en sachant que les deux ne mènent pas au même endroit.
Le sixième carton n'a pas encore été écrit. La République, elle, continue de voter.
Extrait
Le jogger s’appelait Thierry Mandel, quarante-six ans, cadre dans l’assurance, deux enfants, un labrador, un divorce en cours. Il courait trois fois par semaine depuis que son médecin lui avait montré ses analyses de sang en secouant la tête, et il avait choisi la place de la République parce que c’était plat, éclairé, et qu’on n’y croisait personne à six heures du matin. Il avait tort. Il vit le corps de loin. Vingt mètres, peut-être trente. Une silhouette assise contre le socle de la statue, jambes croisées, bras le long du corps. Thierry Mandel pensa d’abord à un sans-abri, ralentit le pas, hésita entre le trottoir de gauche et celui de droite — le genre de calcul lâche et quotidien que font les gens qui courent le matin dans les grandes villes pour éviter la misère sans la regarder. Puis il remarqua le costume. Un sans-abri ne porte pas un costume anthracite à fines rayures dont le pli du pantalon est encore net. Un sans-abri ne croise pas les jambes avec cette précision de mannequin dans une vitrine. Et un sans-abri, en général, n’a pas la gorge ouverte d’une oreille à l’autre. Thierry Mandel s’arrêta. Ses écouteurs diffusaient un podcast sur la gestion du stress au travail. Il les arracha. Le silence de la place, à cette heure, avait une densité physique — le genre de silence qui précède les bruits de la ville comme le blanc précède l’encre. Il regarda l’homme assis contre la statue. L’homme ne bougeait pas. Thierry Mandel comprit ce qu’il voyait. Il vomit dans le caniveau, s’essuya la bouche avec la manche de son sweat-shirt, et appela le 17. Il était six heures et quatorze minutes. Alice Verdier reçut l’appel à six heures quarante-deux. Elle était déjà debout — elle était toujours debout, ou plus exactement elle n’avait jamais trouvé la frontière entre debout et couché, parce que l’insomnie ne distingue pas les deux. Elle avait bu son premier café à cinq heures en regardant par la fenêtre de son appartement de la rue des Martyrs la lumière monter sur les toits de zinc, cette lumière d’avril qui hésite entre le gris et le bleu comme si elle n’arrivait pas à choisir son camp. Son deuxième café refroidissait sur la table quand le téléphone sonna. — Verdier. — Commandante, c’est le central. On a un corps place de la République. Au pied de la statue. Gorge tranchée. Le premier équipage est sur place. Elle nota l’adresse par réflexe, raccrocha, enfila sa veste, vérifia que son arme était dans l’étui, prit ses clés. Pas de douche. Pas de petit-déjeuner. Pas de regard dans le miroir — Alice avait cessé de vérifier sa tête le matin depuis un moment, parce que la tête qu’elle y trouvait ne lui plaisait pas et qu’elle n’avait pas le temps d’en changer. Elle appela Rachid dans l’escalier. — Place de la République. Corps. Tu viens ? — J’y suis dans vingt minutes. Il y fut en quinze. Alice ne sut jamais comment il faisait — Rachid habitait à Pantin, c’est-à-dire au bout du monde, et il arrivait toujours avant elle. Elle soupçonnait qu’il dormait habillé. La place de la République à six heures cinquante du matin, un lundi d’avril, c’est un plateau de théâtre vide dont les figurants ne sont pas encore arrivés. Les terrasses des cafés sont repliées, les kiosques fermés, les feux de circulation clignotent pour personne. La statue de Marianne1 domine l’ensemble du haut de ses quinze mètres, le bras tendu vers un horizon que personne ne regarde jamais. Au pied du piédestal, de part et d’autre des lions de bronze, les fleurs séchées et les bougies éteintes des derniers hommages collectifs — il y en avait toujours, la place de la République étant devenue le mur des lamentations de la vie politique française, l’endroit où l’on déposait ses chagrins publics entre deux manifestations. C’est là que quelqu’un avait déposé Bruno Delvaux. Alice arriva par le boulevard du Temple. L’air du matin sentait le bitume mouillé et le diesel — un camion de livraison manœuvrait à l’angle de la rue de Turbigo, indifférent, et le bruit de son moteur était le seul son humain dans un rayon de cent mètres. Deux voitures de patrouille étaient garées en travers devant le terre-plein central, gyrophares muets, portières ouvertes.