Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
Meurtres à Lyon — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtres à Lyon

Sept morts, sept impasses, une seule logique — un thriller dystopique au suspense implacable

Pages 397
Langue Français
ISBN 9798259126299
Parution 27/04/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 8,99 €

Présentation

« Sept morts en sept semaines. Trois dossiers signés en trois jours. Personne ne lit jamais les notes des autres. Personne. Vasseur, lui, lit. C'est tout ce qu'il sait faire. »
Une descente lente dans le Lyon de 2026, des Pentes de la Croix-Rousse aux quais de Saône, d'une chambre fermée à clé à un cabinet de juge d'instruction, du palais des Vingt-Quatre Colonnes à un pavillon où une chatte attend.
Sept morts. Sept impasses. Sept accusés qui jurent qu'ils n'y sont pas allés. Et un vieil inspecteur de permanence le dimanche, parce que personne d'autre n'en voulait.
Étienne Vasseur ne lit pas l'évidence comme les autres. Il prend ses notes au crayon. Il regarde ce que personne ne regarde plus.
La belladone séchée d'une libraire qui voulait aller en Croatie. La piscine fermée d'un restaurateur qui avait peur de l'eau. Une voiture verrouillée dans une forêt. Un balcon haussmannien. Un ADN qui n'aurait pas dû se trouver là.
Trouverez-vous le coupable avant l'inspecteur ?
Tout est possible. Préparez-vous à remettre en cause vos certitudes.

Extrait

La pluie tombe sur Lyon depuis la veille. Une pluie qui ne mouille pas vraiment, qui s’installe, qui colle aux pavés et aux vestes. Les Pentes luisent. Les escaliers de la rue des Tables Claudiennes ont la couleur du plomb. Vasseur descend la rue Burdeau1 les mains dans les poches. Il a oublié son parapluie. Il a oublié de nourrir Pénélope. Il a aussi oublié, pendant les vingt minutes du trajet, que c’est dimanche — il a marché jusqu’au feu de l’avenue Maréchal Foch en se demandant pourquoi la rue était si vide, avant de se souvenir. Le commissariat l’a appelé à sept heures vingt. Une voix qu’il ne connaissait pas, jeune, polie. Un suicide rue Burdeau, numéro 28, sixième étage. Vasseur a dit qu’il y allait. La voix a paru soulagée. Personne ne voulait du dimanche. Il s’arrête devant le 28. Façade ocre, fenêtres étroites, porte en bois clouté. Une voiture de police est garée en double file, gyrophare éteint. Un agent en uniforme fume sous le porche. Vasseur lui montre sa carte. L’agent hoche la tête sans rien dire et lui tient la porte. L’escalier est en colimaçon, étroit, sans ascenseur. Vasseur monte lentement. Il a soixante et un ans et la cigarette ne lui rend pas service. Au troisième palier, il s’arrête, sort son paquet de gris à rouler, hésite, le remet dans sa poche. Au quatrième, il pense à Pénélope. Au cinquième, il pense qu’il aurait dû prendre un café avant de venir. Au sixième, il est essoufflé. La porte de l’appartement est ouverte. Une jeune femme en blouson de la police technique discute à voix basse avec un type plus âgé, en costume gris. Le type, c’est Marchetti, photographe judiciaire, que Vasseur connaît depuis quinze ans. Marchetti lève les yeux, le voit, hoche la tête. — Étienne. T’es seul ? — Pour l’instant. Borel m’envoie un binôme dans la matinée. — Tant mieux pour toi. Vasseur entre. L’appartement est petit. Une cinquantaine de mètres carrés, peut-être moins. Une entrée minuscule, une cuisine ouverte sur le séjour, une chambre au fond, une salle de bains à droite. Et des livres. Partout. Sur les murs entiers, du sol au plafond, dans le couloir, dans la cuisine, jusque dans la salle de bains où une étagère est fixée au-dessus des toilettes. Vasseur n’a jamais vu autant de livres dans un appartement qui n’est pas une librairie. Hélène Vauquier est suspendue à la poutre maîtresse du séjour. Elle porte une robe noire, simple, et des chaussures plates. Une chaise est renversée à un mètre cinquante de ses pieds. Ses cheveux sont attachés en chignon. Ses mains pendent le long du corps. Elle a les ongles courts, propres, sans vernis. Vasseur s’approche. Il regarde sans toucher. C’est un réflexe qu’il a depuis trente ans : regarder d’abord, longtemps, avant que la scène ne soit modifiée par les techniciens, le légiste, le brancard. Il sort son carnet de la poche intérieure de sa veste. Un Moleskine noir, écorné aux coins, taché d’encre. Il l’ouvre à une page vierge. Il sort un crayon HB qu’il taille avec un canif. — Tu prends des notes papier, encore, dit Marchetti dans son dos. — Encore. Marchetti rit doucement. — Tu es une espèce protégée, Étienne. Vasseur ne répond pas. Il note. L’odeur d’abord. Lessive douce et thé refroidi. Une trace, aussi, presque imperceptible, d’huile essentielle — eucalyptus peut-être. La disposition des livres ensuite. Il s’approche du mur de gauche. Tout est rangé alphabétiquement par auteur. Aragon, Auster, Balzac, Bernhard. Mais pas par genre. Les essais et les romans sont mélangés. La poésie aussi. Ce qui veut dire qu’Hélène Vauquier classait pour pouvoir trouver, pas pour montrer. Il note : classement personnel, intime. Il avance dans la pièce. La table de la cuisine est mise pour une personne. Une tasse, une soucoupe, une cuillère. La théière est encore tiède. Vasseur la touche du dos de la main — froide. Il vérifie l’heure à sa montre. Huit heures dix. Le thé a été préparé bien avant. Marchetti le rejoint. — Le légiste arrive à neuf heures. La voisine est en bas, chez la concierge. Elle est en état de choc, elle pleure depuis deux heures. Je crois qu’elle l’aimait bien. — Qui a appelé ? — Elle. La voisine du dessous. Quarante-huit heures de courrier qui s’accumulait, ça l’a inquiétée. Elle a tapé. Pas de réponse. Elle a appelé. Elle nous a ouvert avec la clé de secours qu’Hélène lui avait laissée pour les vacances.
Meurtres à Lyon par Guillaume Germain - Éditions Revolu

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