Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
Meurtre à Saint-Tropez — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtre à Saint-Tropez

Un thriller domestique sur la presqu'île tropézienne

Pages 309
Langue Français
ISBN 9798258959706
Parution 26/04/2026
Format broché 14,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Saint-Tropez, octobre 2025. La saison s'achève, les yachts désertent le Vieux Bassin. Sur la plage des Graniers, à l'aube, une promeneuse de chiens découvre le corps d'une jeune femme. Lina Verhoeven, trente et un ans, gardienne d'une bastide route des Salins. Pas de lutte. Pas de défense. Le sac à main posé à un mètre, comme par distraction.
L'inspecteur Daniel Jardy, en repos chez sa fille, est sollicité par la gendarmerie locale. Il découvre un studio d'une propreté méthodique, une bibliothèque de Krasznahorkai et de Sebald, un carnet d'aquarelles fermé sur une table basse. Trois tiroirs vides dans un meuble qui en contenait quinze.
Une voisine qui ne dort plus. Un jardinier qui regarde ailleurs. Une sœur qui ment sur l'heure de son train. Une vieille labrador noire qui attend.
Et ce mot griffonné en marge d'une aquarelle inachevée : voix.
Tout le monde regarde quelqu'un. Mais on peut être prisonnier d'une idée qu'on se fait des autres.

Extrait

Il me semble que c’était un jeudi. Le 9 octobre, en tout cas — je suis à peu près sûr de la date, parce que la veille j’avais noté dans le carnet posé sur la table de chevet que le mistral allait se lever en milieu de semaine, et il ne s’était pas encore levé. La fenêtre de la chambre que m’avait attribuée Juliette donnait sur le jardin, et le jardin sur la pinède, et la pinède sur rien. Ou plutôt sur la mer, qu’on ne voyait pas mais qu’on entendait, certains matins, quand le vent venait du sud. Le téléphone a sonné à 7h42. Je me souviens du chiffre parce que j’ai regardé avant de décrocher. Un réflexe dont je n’ai jamais compris l’utilité — comme si la précision de l’heure pouvait préparer à ce qu’on allait apprendre. — Monsieur Jardy ? Capitaine Esposito, gendarmerie de Saint-Tropez. Il y a eu un silence. Esposito attendait que je me souvienne de lui, et je ne me souvenais pas tout de suite, et il le savait. C’était un de ces silences où l’autre vous laisse remonter la pente. — Marc-Antoine. J’ai fait mon stage chez vous en 2018, brigade criminelle du douzième. Voilà. Le visage est revenu. Un grand garçon brun, déférent, qui prenait des notes sur un Moleskine1 alors que tous les autres tapaient sur leur téléphone. Je l’avais aimé pour ça, peut-être. Pour cette manière démodée d’être attentif. — Je vous écoute. — On a un corps sur la plage des Graniers. Une jeune femme. Le procureur m’a donné mon feu vert pour vous solliciter à titre officieux, vu que vous êtes sur place. Si vous pouvez passer. Je n’ai pas demandé pourquoi. Esposito n’aurait pas appelé à 7h42 pour une noyade ou un malaise. La gendarmerie a des protocoles, et un corps qui rentre dans un protocole ne dérange pas un inspecteur en repos chez sa fille. J’ai dit que j’arrivais. Juliette dormait encore. J’ai laissé un mot sur la table de la cuisine — Affaire urgente, je rentre déjeuner si possible — et j’ai pris la voiture. La route des Carles était vide à cette heure-là, seulement deux chiens errants au croisement avec l’avenue Paul Roussel, qui m’ont regardé passer sans bouger. La presqu’île dort tard en octobre. La saison s’achève autour du 15 septembre, et ceux qui restent ensuite ne se lèvent plus pour personne. J’ai traversé le centre par l’avenue du Général Leclerc, longé le port encore mort, pris la montée vers la Citadelle. Les Graniers sont juste en dessous, sur le versant nord-est, une petite plage protégée que les Tropéziens préfèrent au tumulte de Pampelonne. Mon père m’avait dit ça une fois, lors d’un voyage que nous avions fait ensemble en 1989 ou 1990 — je ne suis plus sûr de l’année. Il avait dit : Les vrais d’ici, ils vont aux Graniers. Je ne sais pas pourquoi cette phrase m’est restée. Mon père n’était pas un homme qui distinguait les vrais et les faux, en général. J’ai garé la voiture sur le petit parking à l’entrée du chemin. Trois véhicules de gendarmerie, un fourgon de l’identité judiciaire, une ambulance dont les portes étaient déjà refermées. C’est un signe qu’on apprend vite, dans le métier : quand l’ambulance attend, on est sur autre chose qu’un sauvetage. Esposito est venu à ma rencontre. Il avait pris du poids depuis 2018, et un peu d’autorité avec — la posture s’était redressée, le regard appuyait sur les choses au lieu de les effleurer. Il portait un blouson bleu marine de gendarmerie qui ne lui allait pas, mais peut-être qu’aucun blouson ne va à un capitaine qui a froid. Il faisait dix degrés, ce matin-là, peut-être moins, et le ciel était d’un gris très clair qui annonçait la fin de quelque chose. — Merci d’être venu, monsieur. — Marc-Antoine. On peut se tutoyer. Il a souri sans répondre. Les anciens stagiaires ne tutoient jamais leurs anciens patrons. C’est une règle qui n’est écrite nulle part, et qui tient. Il m’a précédé sur le sentier qui descend vers la plage. Une trentaine de mètres de pins parasols, le sol couvert d’aiguilles brunes qui sentaient la résine chaude. À mi-chemin, un homme en combinaison blanche remontait avec un appareil photo. Il a salué Esposito d’un signe de tête, m’a regardé deux secondes de trop, et a continué. — Découverte du corps à 6h55 par une promeneuse de chiens. Madame Lombard, soixante-douze ans, vit à l’année dans les hauts.
Meurtre à Saint-Tropez par Guillaume Germain - Éditions Revolu

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