Livres de cuisine, cuisine et vins
Café latte - La bible du barista
★★★☆☆ 3,8/5 — 12 avis
Format broché
14,90 €
Format Kindle
6,99 €
Présentation
Pourquoi le café latte servi au comptoir n'a-t-il jamais le même goût que celui préparé à la maison ? La différence ne tient ni à la machine ni au prix du grain, mais à une suite de gestes précis que personne n'explique vraiment. Ce livre les reprend un par un, du choix du café à la texture du lait, du réglage de la mouture au dessin qui apparaît en surface de la tasse. Il montre ce qui se joue réellement pendant les trente secondes d'une extraction et les vingt secondes d'une texturation, pourquoi une mousse se sépare, pourquoi un motif disparaît, et comment corriger chaque défaut à sa source. Il s'ouvre ensuite sur un large répertoire de recettes : les classiques du comptoir, les versions épicées et gourmandes, les boissons glacées et de saison, et les manières de préparer le café au lait aux quatre coins du monde. On y trouve aussi de quoi composer ses propres créations et recevoir autour d'une tasse. Une lecture pour tous ceux qui veulent enfin comprendre ce qu'ils ont dans les mains.Sommaire
Avant-propos
Les fondamentaux
Histoire et origines du latte
Choisir et conserver ses grains
L’eau la mouture et le dosage
Le lait et les laits végétaux
L’équipement du barista
Le geste
Réussir son espresso
Texturer le lait au pichet
Maîtriser le versement
Les motifs du latte art
Corriger ses erreurs et s’entraîner
Le répertoire des recettes
Les grands classiques
Latte classique
Cappuccino traditionnel
Flat white
Latte macchiato en couches
Cortado
Café con leche
Caffè mocha
Latte vanille
Latte caramel au beurre salé
Latte noisette
Latte au chocolat blanc
Latte au miel et à la cannelle
Lattes gourmands et épicés
Latte à la cardamome
Latte au safran et pistache
Chai latte à l’espresso
Latte au gingembre confit
Latte cannelle et muscade
Latte à la fève tonka
Latte praliné
Latte pistache
Latte spéculoos
Latte à la réglisse
Latte au chocolat noir et piment
Latte à la lavande
Latte au sirop d’érable et noix de pécan
Latte au tahini et miel
Lattes glacés et de saison
Iced latte classique
Latte glacé au cold brew
Latte frappé
Latte glacé au lait d’avoine et sirop d’érable
Latte glacé menthe et cacao
Affogato revisité
Latte glacé coco et citron vert
Latte à la citrouille et aux épices d’automne
Latte de Noël aux épices à pain d’épices
Latte à l’orange et cannelle
Latte à la châtaigne
Latte printanier à la fleur d’oranger
Latte estival pêche et vanille
Latte glacé au matcha et espresso
Lattes du monde
Bicerin turinois
Marocchino italien
Galão portugais
Café bombón valencien
Flat white australien
Café con leche cubain
Café touba sénégalais au lait
Café vietnamien glacé au lait concentré
Café de olla mexicain au lait
Café viennois à la mousse de lait
Frappé grec au lait
Café bonbon philippin au lait de coco
Dalgona coréen
Café filtre indien au lait battu
Créer et partager
Accords gourmands et desserts
Sablés au café et fleur de sel
Amandes torréfiées au sucre et cannelle
Truffes au chocolat et espresso
Créer sa recette signature
Extrait
Commandez un latte à Rome et l’on vous servira un verre de lait. Le mot italien ne désigne rien d’autre, et le malentendu, répété chaque été par des milliers de voyageurs, dit quelque chose d’essentiel sur cette boisson : elle porte un nom italien, elle repose sur une technique italienne, mais sous la forme où nous la connaissons — grande tasse, mousse fine, motif dessiné en surface — elle a été inventée ailleurs, assez récemment, et son succès mondial est une histoire de traduction plus que de tradition. Du grain oriental à la tasse européenne Le café arrive en Europe par les ports de la Méditerranée au XVIIᵉ siècle, en provenance du Yémen, où la boisson est consommée depuis des générations dans les cercles soufis avant de gagner Le Caire, Damas et Constantinople. Venise ouvre les premières boutiques où l’on vend cette décoction sombre, coûteuse et suspecte, que les médecins de l’époque discutent comme un remède autant que comme un plaisir. En un siècle, les maisons de café deviennent des lieux de sociabilité dans toute l’Europe, à Londres, à Paris, à Vienne. C’est à Vienne que le lait entre durablement dans l’affaire. La tradition viennoise du café coiffé de crème ou de mousse de lait s’installe au XVIIIᵉ siècle et donne naissance à une famille de boissons dont le kapuziner, servi dans les cafés de la ville, deviendra l’ancêtre lointain du cappuccino. La couleur du breuvage, un brun clair qui rappelait la robe des moines capucins, a fourni le nom qui allait rester1. Le principe est posé longtemps avant l’espresso : le lait adoucit l’amertume, allège l’attaque, et transforme une boisson stimulante en boisson de confort. La France suit le même mouvement avec une variante domestique appelée à durer : le café au lait du matin, servi dans un bol, préparé avec un café de percolation allongé et du lait bouilli. Cette boisson n’a rien d’un latte — pas de pression, pas de crema, pas de mousse — mais elle installe dans les habitudes une association qui rendra la nouveauté américaine immédiatement compréhensible deux siècles plus tard. Quand les enseignes de café ont ouvert en France dans les années 2000, elles n’ont pas eu à convaincre qui que ce soit que le café pouvait se boire avec du lait. Il manque encore l’ingrédient technique qui rendra le latte moderne possible : une base de café assez concentrée pour survivre au lait. Un café filtre allongé disparaît sous cent cinquante millilitres de lait chaud. Il faut une extraction courte, dense, chargée d’huiles et de sucres. L’invention de l’espresso Cette extraction naît en Italie au tournant du XXᵉ siècle, portée par une préoccupation très prosaïque : servir vite. Les premières machines à vapeur destinées aux bars, brevetées à Turin puis perfectionnées à Milan, poussent l’eau chaude à travers une galette de café tassée et produisent en quelques secondes une tasse individuelle. Le mot espresso dit d’abord cela : fait sur commande, pour vous, tout de suite2. La vraie rupture arrive après la Seconde Guerre mondiale avec les machines à levier, qui remplacent la pression de vapeur par une pression mécanique bien supérieure. Cette pression change la nature du liquide obtenu : elle émulsionne les huiles du café et fait apparaître en surface une mousse dense et persistante, la crema, absente des extractions antérieures. L’espresso tel que nous le buvons date de là. La machine à levier a aussi doté les bars d’une buse à vapeur, initialement conçue pour réchauffer le lait, et dont quelqu’un a fini par remarquer qu’elle produisait, si on l’utilisait autrement, une mousse fine et brillante. Cette crema a joué un rôle décisif dans l’histoire du latte, bien au-delà de son intérêt gustatif. Elle est une surface. Une surface sur laquelle un liquide plus clair peut se déposer sans se mélanger immédiatement, et donc laisser une trace visible. Sans elle, un lait versé dans un café se dilue instantanément et ne dessine rien. Toute l’esthétique du latte moderne repose sur cette mousse brune apparue par accident dans les bars italiens de l’après-guerre. La diffusion de l’espresso hors d’Italie suit les migrations. Les cafés italiens ouvrent à New York, à Londres, à Buenos Aires, à Melbourne, apportant les machines, les mélanges torréfiés foncé et un vocabulaire qui restera. L’Australie, en particulier, développe très tôt une culture du café lacté exigeante, à laquelle on doit le flat white, boisson à la mousse minimale et à la proportion de café élevée, dont l’origine est encore disputée entre Sydney, Melbourne et Auckland.
