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Visiter Rouen autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Rouen autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 165
Langue Français
ISBN 9798188171025
Parution 20/07/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si Rouen ne se laissait pas voir depuis le parvis de sa cathédrale ? La ville que traversent les visiteurs en une demi-journée cache un tout autre voyage : un cimetière médiéval aux poteaux sculptés de crânes, une église bâtie autour de vitraux sauvés des bombes, la plus grande collection de ferronnerie du monde installée dans une nef désaffectée, une abbaye vendue comme carrière de pierre, un port céréalier où les navires de mer remontent le fleuve sur cent kilomètres. Conçu comme quatre journées de marche conduites par un narrateur qui connaît sa ville, ce guide raconte l'histoire derrière chaque façade, démêle les légendes des faits, et donne les adresses que les Rouennais gardent pour eux. Il s'attarde sur les curiosités que les circuits balisés ignorent, remonte la vallée de la Seine jusqu'aux abbayes et aux vergers, et consacre un chapitre entier à ce qui se mange ici. Un carnet pratique complet et un quiz final referment le séjour. Reste à savoir ce que vous verrez que les autres ne voient pas.

Sommaire

Avant-propos
La ville aux cent clochers
Jour 1. Au pied de la cathédrale
La dentelle de pierre et la tour de Beurre
Sous le pavillon du Gros-Horloge
Le bûcher, les halles et la Pucelle
Les danses macabres de l’Aître
Jour 2. Les trésors des collections
La cathédrale que Monet a peinte trente fois
Le plus grand trésor de ferronnerie du monde
Faïences, antiquaires et cabinets de curiosités
Jour 3. Le fleuve et les hauteurs
Flaubert, Croisset et le pavillon oublié
Le panorama de la côte Sainte-Catherine
Jour 4. La vallée de la Seine
Les abbayes de la boucle
Le Cailly, Elbeuf et la Route des fruits
Le carnet du voyageur
Le canard, le sucre et la Fête du Ventre
Le carnet pratique
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Placez-vous au milieu du pont Boieldieu, un soir de septembre, et tournez-vous vers l’amont. Vous avez sous les yeux tout ce qu’il faut savoir de Rouen. En bas, l’eau brune et large de la Seine, qui monte et descend encore au rythme de la marée à cent kilomètres de la mer. À droite, les quais, les grues, les silos, un cargo peut-être. En face, une ville qui semble plate, brune, ordinaire – et au-dessus d’elle, sortis de nulle part, des clochers. Un, deux, cinq, dix. Une tour carrée, une flèche noire, une lanterne ajourée, un beffroi. Ils ne s’alignent pas, ils ne se répondent pas, ils poussent au hasard comme des arbres dans une forêt qui aurait mal repoussé. C’est exactement cela, Rouen : une ville basse hérissée de verticales, dont chacune raconte une histoire différente. Rotomagus, ou pourquoi la ville est là Rouen existe pour une raison très simple : c’est ici que la Seine cesse d’être navigable pour les navires de mer, et ici qu’on pouvait la franchir. Le dernier pont en descendant, le premier port en remontant. Toute la fortune de la ville tient dans cette phrase, et toutes ses guerres aussi. Les Romains s’installent sur la rive droite et appellent l’endroit Rotomagus. La ville devient chef-lieu de la province de Lyonnaise Seconde, ce qui, en langage administratif du IVᵉ siècle, veut dire capitale régionale. Elle a son enceinte, son amphithéâtre, ses thermes, et un évêque très tôt. Il n’en reste presque rien de visible – quelques pans de mur dans des caves, un tracé de rues que l’on devine encore aujourd’hui dans le quadrillage du centre. Mais le principe est posé : une ville rive droite, adossée aux coteaux crayeux, le dos à la falaise et les pieds dans le fleuve. Ce qui explique aussi sa vulnérabilité. Un fleuve qui porte les navires de commerce porte aussi les autres. Au IXᵉ siècle, les drakkars remontent la Seine comme dans un couloir, et Rouen est pillée plusieurs fois. La ville n’a pas de défense naturelle contre ce qui vient de la mer. 911, l’année où les Normands restent Alors le roi fait ce que font les rois quand ils ne peuvent plus se battre : il négocie. En 911, au terme d’un accord passé à Saint-Clair-sur-Epte, Rollon, chef viking, reçoit la région en échange de sa conversion et de sa fidélité. Les pillards deviennent propriétaires. C’est l’acte de naissance de la Normandie, et Rouen en est la capitale. Il faut mesurer ce que cela signifie pour les deux siècles qui suivent. Les descendants de Rollon règnent sur un duché plus riche que le domaine royal. L’un d’eux passe la Manche en 1066 et devient roi d’Angleterre ; il meurt à Rouen en 1087, dans un prieuré des hauteurs de la ville. Un autre, le plus célèbre des rois-chevaliers, demande à ce que son cœur soit déposé dans la cathédrale de Rouen – il y est encore. Pendant deux cents ans, la ville est une capitale au sens plein : on y bat monnaie, on y rend la justice, on y reçoit des ambassades. Puis, en 1204, le roi de France reprend la Normandie. Rouen cesse d’être une capitale souveraine pour devenir la deuxième ville du royaume – rang qu’elle tiendra très longtemps. Le nouveau maître fait construire un château dont il ne reste qu’une tour, celle qu’on appelle aujourd’hui le donjon. Comme souvent, ce qui subsiste d’un pouvoir, c’est sa prison. Le mot d’ici Un cauchois, dans la bouche d’un Rouennais, n’est pas une insulte : c’est un habitant du pays de Caux, le plateau qui s’étend au nord de la ville jusqu’aux falaises de la Manche. Le mot a laissé son empreinte partout dans la toponymie rouennaise – la place Cauchoise, la rue Cauchoise, la porte du même nom qui ouvrait autrefois la route du plateau. Quand on vous dit que vous êtes « sorti par la Cauchoise », comprenez que vous êtes parti vers le nord. Et si l’on vous propose un trou normand au milieu d’un repas, ne cherchez pas la métaphore : c’est un petit verre de calvados destiné à faire de la place pour la suite. On vous conseille de le prendre. Il n’est pas obligatoire de finir l’assiette qui suit. Le procès qui a fait de Rouen un nom connu Le 30 mai 1431, sur la place du Vieux-Marché, une jeune femme de dix-neuf ans est brûlée vive devant une foule considérable.
Visiter Rouen autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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