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Visiter Rome autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Rome autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 171
Langue Français
ISBN 9798189372261
Parution 27/07/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si le problème, quand on veut visiter Rome, n'était pas le manque de temps mais l'excès de listes ? Quatre jours suffisent à traverser une ville de vingt-huit siècles, à condition de renoncer à tout voir et d'accepter d'être guidé. Ce guide de voyage propose un parcours en quatre journées, une par zone cohérente, du Colisée à l'Aventin, du Panthéon au Ghetto, du Vatican au Janicule, des collines de Trévi au Latran. On y entre dans les monuments par la porte que la foule ignore, on y descend sous les places, on y pousse des ateliers centenaires et l'on s'y arrête là où il faut s'asseoir. Chaque étape s'appuie sur des faits vérifiés, les légendes sont annoncées comme telles, et les adresses citées existent — avec ce qu'il faut savoir avant d'y aller. Un chapitre entier explique pourquoi les Romains mangent ce qu'ils mangent. Un autre rassemble transports, horaires et pièges à éviter. Reste une question, à laquelle chaque journée répond à sa manière : comment fait-on pour voir cette ville sans la subir ?

Sommaire

Avant-propos
Sept collines, trois mille ans
Jour 1. La Rome des empereurs
Le Colisée avant la foule
Le Forum et le Palatin
Du Capitole à l’Aventin
Jour 2. Les places et les coupoles
Le Panthéon et ses secrets
Navone et Campo de’ Fiori
Le Ghetto et l’île Tibérine
Jour 3. De l’autre côté du Tibre
Le Vatican sans la file
Le Borgo et le château Saint-Ange
Trastevere et le Janicule
Jour 4. Les collines et les fontaines
Trévi, le Quirinal et Barberini
Le Tridente et la villa Borghèse
Monti, l’Esquilin et le Latran
Rome mode d’emploi
Ce que Rome met dans l’assiette
Le carnet pratique
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Arrêtez-vous dans n’importe quelle rue du centre et regardez le premier mur venu. Vous verrez probablement, en bas, un bloc de travertin taillé il y a deux mille ans et remployé là par des maçons qui ne savaient pas d’où il venait. Au-dessus, une reprise de briques médiévales, irrégulières, montées à la va-vite. Au-dessus encore, un enduit ocre du XVIIIᵉ siècle, un balcon de fer forgé, une fenêtre percée après coup, et le boîtier électrique d’un immeuble habité. Le tout tient debout, sale et solide, et personne dans la rue n’y prête attention. C’est là toute l’affaire. Les autres grandes villes se sont reconstruites en effaçant. Rome s’est reconstruite en empilant. Ce que vous allez visiter n’est pas un ensemble de monuments posés sur un plan, mais un terrain où l’on n’a presque jamais rasé : on a bouché, comblé, découpé, réutilisé, refermé une église sur un temple, un immeuble sur un théâtre, un palais sur un stade. Apprenez à lire les murs et vous aurez la moitié de la ville. Une ville née d’un gué Rome n’est pas née parce que sept collines faisaient joli. Elle est née parce qu’à cet endroit précis, le Tibre se laisse traverser. Une île – l’actuelle île Tibérine – coupe le courant en deux et divise le passage en deux petites traversées au lieu d’une grande. Autour, des hauteurs sèches, défendables, à portée du fleuve mais au-dessus des crues. En dessous, des marécages qu’il faudra drainer. Ajoutez à cela une position à mi-chemin de la route du sel, entre les salines de l’embouchure et les montagnes de l’intérieur, et vous avez toutes les raisons pour lesquelles un village de bergers s’installe là plutôt qu’ailleurs. Le reste – la conquête d’un empire, la papauté, deux mille ans de chantiers – s’appuie sur cette géographie de départ. Les sept collines de la formule sont le Palatin, l’Aventin, le Capitole, le Quirinal, le Viminal, l’Esquilin et le Caelius. Vous remarquerez qu’il manque à cette liste les deux hauteurs d’où l’on a aujourd’hui les plus belles vues sur Rome : le Janicule et le Pincio. Ils n’y figurent pas parce qu’ils étaient hors les murs à l’époque où la liste s’est fixée. Le saviez-vous Le fameux chiffre de sept collines est plus politique que topographique. Il correspond au périmètre religieux de la Rome archaïque, célébré chaque année par une fête, le Septimontium. La ville moderne s’étale largement au-delà, sur des hauteurs qui ne figurent dans aucune liste canonique – le Janicule, sur la rive droite, et le Pincio, au nord, sont plus hauts que la plupart des sept collines officielles. Si vous voulez la vue, c’est là qu’il faut monter ; si vous voulez l’histoire, restez sur les sept. La louve, les jumeaux, et ce que dit le sol L’histoire est connue : deux frères, Romulus et Rémus, abandonnés sur le Tibre, recueillis et allaités par une louve, puis élevés par un berger. Devenus grands, ils décident de fonder une ville, se disputent l’emplacement et le nom, et Romulus finit par tuer son frère. Il trace un sillon avec une charrue, déclare que quiconque le franchira mourra, et Rémus le franchit. Il faut prendre ce récit pour ce qu’il est : une légende de fondation, mise en forme tardivement, très travaillée par les Romains eux-mêmes pour justifier ce qu’ils étaient devenus. Elle raconte moins la naissance d’une ville qu’une manière de se penser – fondée sur un fratricide, sur une frontière sacrée qu’on ne franchit pas impunément, sur l’accueil de qui arrive de nulle part. Ce que dit le sol est plus modeste et tout aussi intéressant. Les fouilles du Palatin ont mis au jour des traces d’habitat très anciennes, des trous de poteaux de cabanes sur la pente, et un système de fortification archaïque au pied de la colline. Il y avait bien un village là, très tôt, à l’endroit exact où la tradition plaçait la ville de Romulus. Cela ne valide pas la louve. Cela montre que la légende s’est accrochée à un lieu qui avait réellement quelque chose à raconter. Trois ruptures qui expliquent tout Retenez trois dates, et la ville devient lisible. La première tient en une personne. Quand Auguste prend le pouvoir seul, il hérite d’une capitale de brique surpeuplée et il en fait le décor d’un régime. Marbre, forums, temples, portiques, une police, des pompiers, un service des eaux. C’est le moment où Rome devient une capitale au sens moderne, et où l’architecture devient un instrument politique.
Visiter Rome autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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