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Visiter Reims autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Reims autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 141
Langue Français
ISBN 9798188832933
Parution 24/07/2026
Format broché 14,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si vous découvriez Reims comme un habitant vous la ferait visiter, loin des circuits pressés et des files d'attente ? Ce guide vous emmène en quatre journées à travers la cité des sacres, du parvis de sa cathédrale aux profondeurs des caves de craie où mûrit le champagne, des vestiges romains aux façades de la reconstruction, des coteaux du vignoble aux curiosités les plus insolites de la Montagne de Reims. Le fil conducteur est simple : voir la ville autrement, comprendre ce qui la rend unique, prendre le temps de la savourer. Vous y trouverez l'histoire et les légendes, les monuments et les secrets bien gardés, les bonnes adresses et l'art de vivre local, jusqu'aux traditions de table qui font le goût de la région. Chaque étape mêle le récit, la découverte et le conseil, pour un séjour riche et sans fatigue. Que vous veniez un week-end ou plusieurs jours, ce compagnon de voyage vous aide à sortir des sentiers battus et à repartir avec le sentiment d'avoir vraiment rencontré Reims. Reste une question : qu'allez-vous découvrir en premier ?

Sommaire

Avant-propos
Jour 1. Au pied de la cathédrale
La cathédrale des sacres
Le Palais du Tau et ses trésors
Du Forum aux terrasses
Jour 2. De Rome à l’Art déco
La Porte de Mars et la ville antique
Les Halles et la ville reconstruite
Le Chemin-Vert et Foujita
Jour 3. Saint-Remi et le champagne
Sur les pas de saint Remi
Le peuple des crayères
Une flûte à la lumière du soir
Jour 4. La Montagne de Reims
Le Fort de la Pompelle
Les coteaux et les villages
Le phare et les faux de Verzy
Informations pratiques
À la table des Rémois
Le carnet du voyageur
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Arrivez tôt. Avant neuf heures si vous le pouvez. À cette heure, la place du Cardinal-Luçon est encore presque déserte, les cars ne sont pas là, et vous avez la façade pour vous. Reculez jusqu’au fond de la place, dos aux immeubles, et levez la tête. Ce que vous regardez n’est pas seulement une belle église gothique. C’est un instrument politique taillé dans la pierre, le lieu où, pendant des siècles, on a fabriqué des rois. La cathédrale Notre-Dame de Reims s’élève à partir de 1211, sur les cendres d’un édifice antérieur ravagé par un incendie. Les maîtres d’œuvre se succèdent, le chantier avance par à-coups, et il faut attendre le XVᵉ siècle pour que les tours atteignent leur hauteur. Ce qui saisit d’abord, c’est l’unité. Là où d’autres cathédrales trahissent les hésitations de trois siècles de travaux, celle-ci tient d’un seul élan, comme si une même main l’avait rêvée. Et puis il y a le peuple de pierre. On a dénombré sur l’édifice plus de deux mille trois cents statues, une foule qui grimpe vers le ciel : saints, prophètes, anges, rois, et jusqu’à des créatures grimaçantes tapies dans les hauteurs. Peu de façades au monde en portent autant. Mais ne vous laissez pas happer tout de suite par le détail. Entrez d’abord dans l’histoire du lieu, car c’est elle qui explique le reste. Sachez seulement, avant d’aller plus loin, que vous êtes devant l’un des sommets de l’art gothique européen, au même titre que Chartres ou Amiens. Depuis 1991, la cathédrale figure au patrimoine mondial de l’UNESCO, en compagnie de deux autres monuments rémois que nous visiterons, le palais voisin et l’ancienne abbaye Saint-Remi. Ce n’est pas un simple label : c’est la reconnaissance que ce que vous avez sous les yeux appartient à l’humanité entière, et non à la seule ville de Reims. Cela dit, les Rémois, eux, la considèrent bel et bien comme leur cathédrale, et vous comprendrez vite pourquoi. Le lieu où l’on faisait les rois Pour comprendre pourquoi les rois de France venaient se faire couronner ici, et non à Paris, il faut remonter très loin, à un baptême. Vers 496, l’évêque saint Remi verse l’eau sur le front d’un chef franc nommé Clovis, qui renonce à ses anciens dieux pour le Dieu des chrétiens. Ce geste, accompli à Reims, fait de la ville le berceau du royaume chrétien des Francs. Des siècles plus tard, les rois se souviendront : puisque le premier d’entre eux fut fait chrétien ici, c’est ici que chacun recevra l’onction qui le sacre. La légende, car il en faut une, a brodé sur ce baptême. Elle raconte qu’au moment de l’onction, une colombe descendue du ciel apporta une fiole d’huile sainte, la Sainte Ampoule, dont on oignit ensuite chaque roi. Les anciens y croyaient dur comme fer ; l’historien, lui, sourit doucement. Retenez surtout ce que la légende dit à mots couverts : à Reims, le pouvoir royal ne vient pas des hommes, il descend du ciel. Voilà toute la puissance politique de cette cathédrale, résumée dans une histoire d’oiseau. Le sacre, lui, n’avait rien d’une histoire d’oiseau. C’était une cérémonie interminable et minutieuse. Le roi était oint sur le front, la poitrine et les mains ; on lui remettait les insignes, le sceptre, la main de justice, l’épée dite de Charlemagne, puis on lui posait la couronne. Le peuple criait, les cloches sonnaient, le canon tonnait. Autour de l’autel se pressaient les pairs du royaume, ces grands seigneurs et prélats qui tenaient la couronne, l’épée, la bannière, chacun jouant son rôle dans une chorégraphie réglée jusqu’au moindre pas. Ce n’était pas une messe : c’était la naissance d’un roi. La cérémonie durait des heures, et elle ne s’achevait pas à la porte de la cathédrale. Au lendemain de son sacre, le nouveau roi se rendait souvent à l’abbaye Saint-Remi, dont je vous parlerai au troisième jour, pour y toucher les malades atteints d’écrouelles, ces affections de la peau que la foi populaire croyait guérissables par la seule main du souverain oint. « Le roi te touche, Dieu te guérit », disait la formule. On mesure, à ce geste, ce que le sacre changeait dans les esprits : un homme entrait dans la cathédrale ; un thaumaturge en ressortait. Toute la puissance de Reims tient dans cette métamorphose, jouée ici, sur ces dalles, trente-trois fois en huit siècles. Le saviez-vous On compte trente-trois sacres royaux dans l’histoire de Reims, mais tous n’ont pas eu lieu dans l’édifice que vous avez sous les yeux.
Visiter Reims autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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