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Visiter Nancy autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Nancy autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 171
Langue Français
ISBN 9798189113642
Parution 26/07/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Pourquoi tant de visiteurs repartent-ils de Nancy convaincus de l'avoir vue, après trois heures sur place et deux cents photographies de la même grille dorée ? La ville la plus somptueuse de l'est de la France n'est pas une ville, mais trois, emboîtées les unes dans les autres : une cité ducale médiévale au nord, une ville neuve tracée à la règle au sud, et entre les deux le grand décor du XVIIIᵉ siècle qui les agrafe. Ce guide propose de la parcourir dans l'autre sens que les circuits organisés, en quatre journées tenues chacune par un quartier, du plus ancien au plus récent. On y croise une porte fortifiée devenue prison, le tombeau d'une dynastie qui a régné cinq siècles sur un État disparu, un mouvement artistique qui a fait de cette ville une capitale mondiale autour de 1900, un lotissement de villas qui n'a jamais vu le jour et un savant qui a découvert un rayonnement inexistant. Adresses vérifiées, curiosités que les circuits ignorent, légendes annoncées comme telles et histoire sans complaisance : de quoi comprendre une capitale qui n'a plus d'État et ne l'a jamais oublié.

Sommaire

Avant-propos
Une capitale sans royaume
Jour 1. La ville des ducs
Sous la Porte de la Craffe
Le palais et la Grande Rue
Le silence des Cordeliers
Jour 2. Le siècle de Stanislas
L’or de la place Stanislas
La Carrière et la place d’Alliance
Sous les arbres de la Pépinière
Jour 3. Le temps de l’École de Nancy
Une maison de collectionneur
La villa de l’ébéniste
Les villas du parc de Saurupt
Jour 4. La ville neuve et les rives
Le ventre de la ville neuve
Verrières et façades en fleurs
Les rives de Meurthe et Bonsecours
Le nécessaire du voyageur
La bergamote et le baba
Le carnet pratique
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Placez-vous sous l’Arc Héré, l’arche monumentale qui ferme la place Stanislas au nord. Tournez le dos à la place. Faites-le vraiment, tant pis pour les photographies. Devant vous s’ouvre une longue esplanade rectangulaire bordée d’arbres taillés, la place de la Carrière, et tout au fond, à quatre cents mètres, une façade de pierre percée d’une porte cochère surmontée d’un cavalier. Cette façade est le Palais des ducs de Lorraine. Vous venez de faire, en un regard, le seul geste qui explique Nancy : vous avez relié en ligne droite le siège d’un État souverain et la place construite pour célébrer sa disparition. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Cet arc de triomphe, ces grilles dorées, cet hémicycle, ce théâtre urbain que le monde entier vient photographier ont été bâtis dans les années 1750, à un moment où tout le monde savait, ici, que le duché de Lorraine ne survivrait pas à son duc. La ville la plus somptueuse de l’est de la France est un cadeau d’adieu. Elle a été offerte à une capitale qui allait cesser d’en être une. Retenez cette idée. Elle vous accompagnera pendant quatre jours et elle explique presque tout : pourquoi Nancy est trop grande pour sa taille, trop ornée pour son importance administrative, trop fière pour être provinciale et trop orgueilleuse pour être modeste. Une ville qui a été capitale ne l’oublie jamais. Trois villes et une seule grande rue Nancy ne s’est pas étalée, elle s’est ajoutée. Comprendre son plan, c’est comprendre son histoire, et l’inverse est vrai aussi. Au commencement, un château sur un terrain marécageux, entre deux rivières, au bord d’un étang. Rien qui justifie une ville : ni un port, ni un croisement de routes commerciales, ni un évêché – le diocèse était à Toul, ce qui vaudra à Nancy de rester des siècles une capitale sans cathédrale. Ce qui justifie la ville, c’est le château, et ce qui justifie le château, c’est la volonté d’une famille. Les ducs s’installent, et autour d’eux se serre une petite cité fortifiée, dense, avec une artère unique qui la traverse du nord au sud. Elle s’appelle la Grande Rue, et c’est encore aujourd’hui la colonne vertébrale de ce qu’on nomme ici la Ville Vieille. Les nobles de cour y ont bâti leurs hôtels particuliers, à cinq minutes de pied du duc. Le calcul était simple : qui n’est pas vu au palais n’existe pas. Un détail de ce plan mérite d’être souligné, parce qu’il explique une bizarrerie que vous remarquerez forcément. Cette capitale n’a pas eu d’évêque avant la fin du XVIIIᵉ siècle. Le siège épiscopal était à Toul, à vingt kilomètres, et Nancy n’était administrativement qu’une paroisse d’un diocèse voisin. Une ville de cour, pleine de nobles et de couvents, sans cathédrale et sans évêque : le rôle spirituel de premier plan était donc tenu par les églises ducales, celles qui abritaient les tombeaux et les fondations de la dynastie. Le diocèse de Nancy n’est créé qu’en 1777, onze ans après la fin du duché – et la ville avait déjà bâti sa cathédrale, dans la Ville Neuve, entre 1703 et 1742. On avait donc construit l’édifice trente-cinq ans avant d’avoir le titulaire. C’est très nancéien. Puis, à la fin du XVIᵉ siècle, un duc bâtisseur décide d’ajouter à sa capitale médiévale une ville entière, tracée à la règle, en damier régulier, au sud de la première. C’est la Ville Neuve, et le mot n’a rien perdu de son sens : quatre siècles plus tard, on l’appelle toujours comme ça. Les deux Nancy, la vieille et la neuve, sont séparées par leurs propres fortifications, leurs fossés, leurs bastions. Deux villes voisines et closes, se tournant le dos. Enfin, au XVIIIᵉ siècle, on rase cette séparation et l’on construit dans l’espace libéré l’ensemble monumental que vous connaissez. Trois places s’y enchaînent, la place royale, l’esplanade de la Carrière et une petite place carrée à l’est ; un arc de triomphe les articule. L’UNESCO a inscrit cet ensemble sur sa liste du patrimoine mondial en 1983, et il n’a pas retenu la seule place Stanislas, mais bien les trois, parce que c’est l’enchaînement qui fait l’œuvre. Cherchez maintenant la couture, et vous ne la trouverez pas. C’est le tour de force de l’opération du XVIIIᵉ siècle : là où il y avait un rempart, un fossé, un glacis, une zone militaire de plusieurs dizaines de mètres qui séparait deux villes closes, il y a désormais un enchaînement de places si évident qu’on croirait qu’il a toujours existé.
Visiter Nancy autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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