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Visiter Montpellier autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Montpellier autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 173
Langue Français
ISBN 9798188149406
Parution 20/07/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Que reste-t-il à découvrir dans une ville que les guides classiques expédient en deux pages ? Montpellier n'a ni monument romain, ni cathédrale spectaculaire, ni fleuve célèbre. Elle possède autre chose : une faculté de médecine qui enseigne sans interruption depuis huit siècles, le plus ancien jardin botanique de France, un aqueduc du siècle des Lumières déguisé en ouvrage antique, des hôtels particuliers cachés derrière des portes closes, et l'un des ensembles d'architecture contemporaine les plus discutés du pays. Ce guide propose quatre journées construites comme des promenades continues, sans zigzag ni retour en arrière, avec les adresses, les horaires et les jours de fermeture qui piègent les visiteurs. Chaque étape s'accompagne de ce que l'on ne trouve pas sur les panneaux : l'histoire d'une pierre, la légende derrière un tombeau vide, la raison d'une façade, le nom d'un ingénieur dont l'invention équipe encore les avions de ligne. On y trouve aussi les tables où vont les habitants, les marchés qui valent le détour et les vins d'une région longtemps sous-estimée. Une ville née de rien, qui a fabriqué tout ce qu'elle n'avait pas reçu.

Sommaire

Avant-propos
La ville née de rien
Jour 1. Le cœur de l’Écusson
Sous le regard des Trois Grâces
Ruelles closes et hôtels cachés
Saint-Roch et la tour de la Babote
Jour 2. Du Peyrou aux Arceaux
La promenade des rois
Là où l’on apprit à soigner
L’eau venue de Saint-Clément
Jour 3. L’Esplanade et le nord
Le trésor du peintre Fabre
L’art qui ne se range pas
Boutonnet et les rives amont
Jour 4. Le Lez jusqu’aux étangs
Le rêve grec d’Antigone
Port Marianne et l’Arbre blanc
Vers Lattara et les étangs
Le carnet du voyageur
À la table du Languedoc
Tout ce qu’il faut savoir
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Prenez le train à Nîmes. Quarante minutes plus tard, vous êtes à Montpellier. Entre les deux, vous aurez laissé derrière vous une arène romaine à peu près intacte, un temple romain à peu près intact, et une ville qui n’a jamais eu besoin d’expliquer d’où elle venait. Puis vous descendez à la gare Saint-Roch, vous montez vers le centre, et vous cherchez l’équivalent. Il n’y en a pas. Pas un arc, pas un chapiteau, pas un morceau de mur. Sous les rues de Montpellier, on ne trouve pas de forum enterré : on trouve du vide, puis de la terre agricole. Là où toutes les grandes villes du Midi s’appuient sur Rome – Nîmes, Arles, Narbonne, Béziers –, celle-ci n’a rien à montrer. C’est son trait le plus intéressant, et curieusement le moins raconté. Montpellier n’a pas d’ancêtre. Elle s’est faite toute seule, tard, et vite. Un parchemin pour acte de naissance La première fois que le nom apparaît, c’est dans un acte. Nous sommes en 985, un seigneur du pays donne des terres à un certain Guilhem, et le document mentionne un lieu appelé Monspestelarium. Voilà. Pas de fondateur légendaire, pas de héros, pas de saint arrivé par la mer : une donation foncière, comme il s’en signait des centaines. Ce détail administratif dit déjà l’essentiel. Montpellier commence par un contrat, et elle continuera ainsi pendant cinq siècles. Les Guilhem, dynastie de petits seigneurs qui se transmettront tous le même prénom au point de devoir se numéroter, comprennent très tôt qu’ils tiennent un emplacement remarquable : à une lieue de la mer, donc à l’abri des razzias, mais assez près pour vivre du port ; sur la route qui relie l’Italie à l’Espagne ; et sur un territoire que ni le comte de Toulouse ni le roi de France ne surveillent de très près. Quant au nom lui-même, il fait couler beaucoup d’encre et aucune certitude. On a proposé le mont pelé, dénudé de végétation. On a proposé le mont des épices, à cause du commerce qui a fait la ville. On a proposé le mont du pastel, cette plante tinctoriale qui a enrichi la région. Chacune de ces explications a ses partisans, aucune n’emporte l’adhésion, et je me garderai bien de trancher. Méfiez-vous, d’ailleurs, du guide trop affirmatif sur ce point : c’est le premier signe qu’il improvise. Le mot d’ici Les Montpelliérains ont un autre nom pour leur ville, en occitan : lo Clapàs. Le mot désigne un tas de pierres, un amas de cailloux, le genre de monticule que le paysan fait au bord de son champ après l’avoir épierré. On le trouve aujourd’hui partout, dans le nom d’un journal, d’un festival, d’une boutique, et vous l’entendrez dans la bouche des habitants sans une once de dédain. C’est même plutôt affectueux. Une ville qui se surnomme le tas de cailloux ne se prend pas au sérieux, et cela vous en apprend davantage sur son caractère que trois pages d’histoire. Le commerce, les drogues et les médecins Ce qui fait Montpellier au XIIᵉ siècle, ce sont les épices. Le mot, à l’époque, recouvre beaucoup plus large que nos placards de cuisine : on appelle épices tout ce qui vient d’Orient et se vend au poids, cannelle et gingembre bien sûr, mais aussi la myrrhe, l’aloès, la rhubarbe, le séné, les gommes, les résines, tout l’arsenal de la pharmacopée médiévale. Les marchands de la ville vont chercher cela dans les ports du Levant et le revendent dans toute l’Europe. Or qui manipule les drogues finit par s’interroger sur ce qu’elles font. C’est le fil qui mène, sans rupture, du comptoir à la médecine. À la même époque, la ville accueille sans les persécuter des populations que le reste de la chrétienté traite mal. Les Guilhem, en position de faiblesse politique, ont un besoin permanent d’argent, de compétences et d’habitants ; ils laissent donc s’installer une communauté juive nombreuse et savante, dont les médecins jouissent d’une réputation considérable, et qui garde ses écoles, ses maisons d’étude et ses bains rituels. Le plus étonnant vestige de cette présence se visite encore aujourd’hui, à quelques mètres de la préfecture, et nous irons le voir. Des médecins juifs formés à la tradition arabe, des marchands qui rapportent des matières médicinales du monde entier, une seigneurie trop faible pour interdire quoi que ce soit : la suite était écrite. Ajoutez-y la géographie.
Visiter Montpellier autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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