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Visiter Metz autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Metz autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 173
Langue Français
ISBN 9798189146947
Parution 26/07/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si vous aviez déjà traversé cette ville sans jamais la voir ? En un siècle et demi, elle a changé cinq fois de nationalité, et chaque régime y a construit sans effacer le précédent. Le résultat tient en trois kilomètres : des thermes romains sous une colline médiévale, des places à la française posées sur une île, un quartier impérial allemand, une charpente de bois contemporaine, et une pierre dorée qui donne à l'ensemble une couleur que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Ce guide propose quatre journées de découverte, organisées quartier par quartier et parcourues à pied. Il raconte ce que l'on regarde et pourquoi cela se trouve là. Il s'écarte des circuits balisés pour conduire vers les rues, les cours et les tables que les visiteurs pressés ne trouvent jamais. Il donne les adresses, les jours de fermeture et les heures où la lumière est la meilleure. Il traite aussi de la table, du vin des coteaux et de ce qu'il faut rapporter. Quatre jours suffisent à traverser vingt siècles, à condition de savoir où poser les yeux.

Sommaire

Avant-propos
Metz la Pucelle
Jour 1. Le cœur d’or de Metz
La lanterne du Bon Dieu
Le berceau de la colline Sainte-Croix
L’île du Petit Saulcy
Jour 2. Outre-Seille et les artisans
Sous les arcades des changeurs
Cocteau au bout de la rue des Allemands
Le chemin des corporations
Jour 3. Le quartier Impérial
La gare que voulait l’empereur
Les villas des notables allemands
Sous le chapeau chinois
Jour 4. De l’Esplanade aux coteaux
De la palestre romaine à l’abbatiale
Le balcon de l’Esplanade
Schuman, la vigne et l’Europe
Informations pratiques
Le goût de la mirabelle
Le carnet pratique
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Arrêtez-vous une minute au milieu du pont des Morts, dos à la circulation, et regardez vers l’amont. Vous avez deux monuments dans le même cadre. À gauche, posé sur la pointe d’une île, le Temple Neuf et son gris de grès des Vosges, trapu, ramassé, avec des toits en éteignoir qui viennent tout droit de Rhénanie. À droite, dominant les toits, la masse dorée de la cathédrale Saint-Étienne, gothique, française, hérissée de dentelle de pierre. Deux cents mètres les séparent. Un siècle et demi de guerres aussi. C’est tout Metz. Une ville où deux mondes se sont installés côte à côte sans jamais se digérer, et où le voyageur doit apprendre à lire les deux. Cette ville a changé de nationalité cinq fois depuis 1552. Elle a été république indépendante, place forte française, capitale provinciale allemande, française de nouveau, allemande encore pendant quatre ans, française pour finir. Chaque régime est arrivé avec ses architectes et son idée de ce qu’une ville doit être ; aucun n’a eu le temps ni la brutalité nécessaire pour effacer le précédent. Le résultat est un empilement rare en Europe, que les Messins ont mis un siècle à aimer et que vous allez parcourir en quatre jours. Avant de marcher, il faut savoir sur quoi l’on marche. Voici donc les mille huit cents ans qui expliquent chaque pierre que vous verrez, et je vous promets d’aller vite. Divodurum, au croisement des routes Metz est née de la géographie. Une colline, deux rivières qui se rejoignent – la Moselle, large et lente, et la Seille, plus modeste, qui vient de l’est –, et le croisement de deux grandes voies romaines, celle qui monte de Lyon vers Trèves et celle qui relie Reims à Strasbourg. Les Gaulois Médiomatriques y avaient leur chef-lieu ; les Romains en font Divodurum Mediomatricorum, une des villes les plus importantes de la Gaule du Nord-Est. On ne se représente pas assez ce que cela signifiait. La ville romaine comptait des thermes considérables, dont vous verrez les murs et le système de chauffage en sous-sol du musée. Elle disposait d’un aqueduc de vingt-deux kilomètres, dont les arches subsistent à Ars-sur-Moselle et à Jouy-aux-Arches, qui amenait l’eau depuis les sources du plateau. Elle possédait un amphithéâtre parmi les plus vastes de Gaule, aujourd’hui totalement disparu, dont l’emprise se devine encore dans le tracé du quartier qui porte son nom, du côté de la gare. Les Romains ont aussi légué à la ville sa matière. À une dizaine de kilomètres au nord-ouest, sur le plateau, affleure un calcaire à grain fin bourré d’oxyde de fer : la pierre de Jaumont. Elle se taille facilement, elle résiste, et elle passe du beige clair à l’orangé profond selon la lumière et l’âge de la coupe. On l’a extraite sans interruption depuis l’Antiquité, et on l’extrait encore. C’est pour cela que la cathédrale, les arcades de la place Saint-Louis, les hôtels de la colline et une bonne partie des immeubles du centre ont exactement le même teint : ils sortent du même trou. Retenez ce nom, il reviendra chaque jour de votre séjour. Et sachez que le meilleur moment pour vérifier son effet se situe dans la demi-heure qui précède le coucher du soleil, quand la pierre rend la lumière qu’elle a prise. Le nom de la ville s’est usé comme une pièce de monnaie : Divodurum, puis Mediomatrici, puis Mettis, puis Metz. Cette usure explique une chose qui déroute tous les visiteurs, et qu’il vaut mieux régler tout de suite : le z final ne se prononce pas. On dit « Mess ». Les Messins ne vous corrigeront pas, par politesse, mais ils l’auront remarqué. Le dragon de l’amphithéâtre Vers 260, un homme venu de Rome s’installe dans la ville pour y prêcher. Il s’appelle Clément, il en sera le premier évêque, et la tradition lui attribue le geste fondateur du christianisme messin : il établit sa première communauté dans l’amphithéâtre abandonné. Le fait est vraisemblable et documenté ; installer une église dans une arène païenne désaffectée était une manière de signifier qui l’emportait. C’est là que commence la plus belle légende de la ville, et je la donne pour ce qu’elle est : une légende, dont la première version écrite date de la fin du Xᵉ siècle, sept siècles après les faits supposés. On raconte donc que l’amphithéâtre était infesté de serpents, et qu’y régnait une bête monstrueuse au souffle empoisonné, le Graoully.
Visiter Metz autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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