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Visiter Lisbonne autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Lisbonne autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 173
Langue Français
ISBN 9798189403118
Parution 27/07/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Que reste-t-il à découvrir dans une ville que des millions de visiteurs traversent chaque année en suivant le même itinéraire ? Beaucoup, à condition de savoir où poser les yeux. Ce guide propose quatre journées de marche à travers Lisbonne, une colline par jour, loin des files d'attente et des cars. On y remonte la Mouraria au petit matin, on y comprend pourquoi un quartier entier a été redessiné en quelques mois après une catastrophe, on y trouve le belvédère où personne ne monte et la taverne où l'on chante encore pour soi. Le narrateur connaît les lieux, il a ses adresses et ses heures, il dit ce qu'il faut voir et ce qu'on peut sauter. Chaque étape est située, racontée et documentée : histoire vérifiée, légendes annoncées comme telles, tables de quartier, coordonnées et jours de fermeture. Un carnet pratique complet et un questionnaire final referment le voyage. À la fin, vous connaîtrez cette ville autrement que par ses cartes postales.

Sommaire

Avant-propos
La ville qui a brûlé deux fois
Jour 1. La colline du Castelo
Mouraria, l’autre côté de la colline
Les escaliers d’Alfama
De la Feira da Ladra aux azulejos
Jour 2. La ville du marquis
La Baixa dessinée sur les ruines
Du Rossio au couvent sans toit
Le Chiado des poètes
Jour 3. Les collines de l’ouest
Le Bairro Alto avant la nuit
Príncipe Real et ses jardins
Estrela et Campo de Ourique
Jour 4. Le fleuve et les découvreurs
Belém et le monastère des navigateurs
La tour posée sur le Tage
Ajuda, la colline oubliée
Lisbonne mode d’emploi
La morue et les pastéis
Le carnet pratique
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Arrivez par le fleuve si vous le pouvez. Depuis le bac qui traverse le Tage, à hauteur de Cacilhas, Lisbonne se présente exactement comme elle s’est présentée pendant huit siècles à ceux qui remontaient l’estuaire : une longue façade blanche accrochée à des collines, un château en haut à gauche, des clochers plantés au hasard, et cette lumière que tout le monde commente et que personne n’explique vraiment. Elle vient du sud, elle rebondit sur l’eau, elle frappe des façades couvertes de céramique. Le résultat est une ville qui ne cesse jamais tout à fait de renvoyer le jour. C’est une belle image, et elle cache l’essentiel. Cette façade est neuve. Le cœur de ce que vous voyez a été construit après 1755, sur les décombres d’une capitale que la terre a détruite en dix minutes un matin de Toussaint. Et le quartier le plus élégant de la ville, celui des libraires et des cafés, a brûlé une seconde fois en 1988, deux siècles plus tard, devant les caméras de télévision. Lisbonne est une ville qui a l’habitude de recommencer. Ce n’est pas une figure de style : c’est une donnée historique, et elle explique à peu près tout le reste – la mélancolie qu’on lui prête, la débrouillardise qu’elle pratique, et son aptitude à transformer une catastrophe en projet d’urbanisme. Sept collines, et le compte est faux On vous dira que Lisbonne est bâtie sur sept collines. La formule est jolie, elle est répétée partout, et elle est arrivée tard. Elle décalque le modèle romain, ce prestige des sept collines dont toute ville d’Occident aimerait se réclamer, et elle a été fixée au XVIᵉ siècle par des lettrés soucieux de rattacher la capitale portugaise à l’Antiquité. Sur le terrain, le relief en compte davantage, ou moins, selon la manière dont on découpe ; il suffit de marcher deux heures pour s’en convaincre. Ce qui est vrai, en revanche, c’est la logique du site. Une rive nord abrupte, un estuaire assez large pour qu’on l’appelle la mer de Paille, et une position à l’entrée d’un des meilleurs mouillages naturels d’Europe. Les collines descendent vers le fleuve en pentes fortes, séparées par des vallons que la ville a comblés, aménagés ou traversés d’aqueducs. Le centre historique tient entre deux d’entre elles : celle du château, à l’est, et celle du Bairro Alto, à l’ouest, avec entre les deux la cuvette plate de la Baixa. Retenez ce dessin. Il commande la totalité de vos déplacements. Olisipo, al-Ushbuna, Lisboa La ville a changé trois fois de nom sans jamais changer de place. Olisipo pour les Romains, qui en firent un municipe et exportèrent d’ici du garum, cette saumure de poisson fermenté dont on a retrouvé les cuves sous plusieurs immeubles du centre. Al-Ushbuna pour les musulmans, qui la tinrent plus de quatre siècles et lui laissèrent son quartier le plus ancien, son système d’irrigation et son goût pour l’ombre. Lisboa enfin, à partir de 1147. Cette année-là, une flotte de croisés en route vers la Terre sainte fait escale à Porto. Afonso Henriques, qui vient de se proclamer premier roi du Portugal, leur propose un marché : aidez-moi à prendre Lisbonne, et vous garderez le butin. Le siège dure dix-sept semaines, la ville capitule à l’automne, et le pillage qui suit fut assez sauvage pour que les chroniqueurs chrétiens eux-mêmes s’en montrent gênés. Les habitants musulmans survivants sont relégués hors les murs, sur le versant nord de la colline du château. Le quartier porte encore ce souvenir dans son nom : la Mouraria. De cette double couche, il reste plus qu’on ne croit. Le mot Alfama vient de l’arabe et désigne les sources chaudes. Le tracé des ruelles du vieux quartier, qui semble anarchique, obéit en réalité à une logique d’ombre et d’eau parfaitement rationnelle sous ce climat. Et quand vous entendrez un Lisboète dire oxalá pour « pourvu que », vous entendrez, sans le savoir, une invocation arabe passée telle quelle dans la langue. Ulysse, une princesse et deux corbeaux Les villes anciennes se donnent des origines à leur mesure, et Lisbonne ne s’est pas privée. La légende la plus tenace veut qu’elle ait été fondée par Ulysse en personne, au retour de la guerre de Troie, et que son nom antique – Olisipo – dérive du sien. L’histoire n’a aucun fondement archéologique.
Visiter Lisbonne autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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