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Visiter La Rochelle autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter La Rochelle autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 105
Langue Français
ISBN 9798187754724
Parution 17/07/2026
Format broché 12,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si vous découvriez La Rochelle autrement, loin des files d'attente et des circuits balisés ? Ce guide vous fait parcourir la ville en quatre journées, à la manière d'un habitant qui connaît ses ruelles, ses cours cachées et ses histoires. Du Vieux-Port aux tours médiévales, des arcades marchandes au phare du Bout du Monde, vous suivez un itinéraire qui relie les grands sites et les coins que les visiteurs pressés ignorent. À chaque étape, une anecdote, une légende, un détail à repérer en levant les yeux. Vous comprenez pourquoi la ville se dit belle et rebelle, ce que huit siècles d'histoire ont laissé dans ses pierres, et où vous attabler pour goûter la mouclade, les huîtres et le pineau des Charentes. Un compagnon de route pour qui veut vivre la ville plutôt que la traverser, prendre le temps de flâner et rapporter autre chose que des photos. Que vous veniez pour un week-end ou pour plusieurs jours, vous ne la regarderez plus de la même façon.

Sommaire

Avant-propos
La Rochelle, ville de pierre et de sel
Le Vieux-Port et ses trois sentinelles
Le Vieux-Port et le Cours des Dames
Les tours de garde – Saint-Nicolas et la Chaîne
La Tour de la Lanterne et la coulée verte
La ville marchande – arcades, horloge et secrets de pierre
La Grosse Horloge et les rues à arcades
Hôtel de Ville, cathédrale et marché central
Cloître, Bourse et les musées
Le port qui travaille – du Gabut aux bassins
Le Gabut et le Bassin des Chalutiers
Le Musée Maritime et le France I
L’Encan et le Bunker : la ville sous l’Occupation
Le grand large – les Minimes, l’Aquarium et l’horizon
Le Marais de Tasdon et l’Aquarium
Le Port des Minimes
La plage, le Bout Blanc et le Phare du Bout du Monde
À table : la cuisine de La Rochelle et de l’Aunis

Extrait

Descendez vers le port par n’importe quelle rue du vieux centre, et vous comprendrez avant même d’avoir vu la mer. La pierre est claire, presque blanche, ce calcaire tendre du pays d’Aunis qui boit la lumière et la rend adoucie. Les rez-de-chaussée s’ouvrent sur des galeries à colonnes, ces arcades sous lesquelles on marche à l’abri de la pluie et du soleil, et où l’on marchait déjà, il y a sept siècles, pour protéger les étals des marchands. Vous levez les yeux, et au bout de la perspective, entre deux quais, deux grosses tours rondes montent la garde de part et d’autre d’un goulet étroit. C’est par là qu’on entre. C’est par là qu’on entrait déjà quand les navires revenaient chargés de sel, de vin, puis un jour de sucre et de nouvelles d’un continent qu’on venait de découvrir. La Rochelle porte une devise que vous croiserez souvent, gravée ou brandie : belle et rebelle. Deux mots, et tout est dit. La beauté, vous l’avez sous les yeux dès le premier pas. La rébellion, elle, se lit dans l’Histoire – huit siècles à commercer librement, à négocier ses privilèges, à tenir tête aux rois et parfois à le payer très cher. Ne cherchez pas ici la ville-musée figée sous cloche. Cherchez une cité qui a toujours regardé le large et rarement plié le genou. C’est une ville de marchands et d’armateurs, indépendante par tempérament, qui a fait fortune sur deux richesses modestes en apparence : le sel des marais et le vin des coteaux. Prenez un instant pour sentir son caractère, car il est double. Il y a la ville protestante, sobre, discrète, presque sévère derrière ses volets clos : ici, on ne montre pas sa fortune, on la garde à l’abri des regards, au fond d’un jardin qu’on ne soupçonne pas depuis la rue. Et il y a la ville du port, gaie, bruyante, gourmande, qui vit dehors, sur les quais et aux terrasses. La pierre claire passe du blanc cru de midi à l’ocre chaud du soir. Les arcades tissent une ombre fraîche où l’on marche à couvert. Et par-dessus tout règne le rythme de la marée, qui vide et remplit le Vieux-Port deux fois par jour, découvrant la vase puis renflouant les coques – une horloge liquide à laquelle la ville obéit depuis toujours. Rien ici n’oublie jamais tout à fait la mer. Tout a commencé par un abri de pêcheurs, une échancrure de côte protégée des vents par le rideau des îles – Ré, Oléron, Aix. Au Moyen Âge, la bourgade devient port, puis grand port. Dès la fin du douzième siècle, elle arrache une large autonomie communale et se gouverne à peu près elle-même, avec son maire et ses échevins, ce qui, pour l’époque, tient du privilège rare. Elle expédie son sel et son vin, tisse ses réseaux jusqu’en Angleterre, en Flandre et en Espagne, et s’enrichit. Une ville qui commerce librement est une ville qui prend goût à la liberté. Souvenez-vous de cette phrase : elle explique toute la suite. Mais le vrai socle, celui sur lequel tout le reste s’est bâti, c’est le sel et le vin. Le sel, on le récoltait dans les marais salants qui bordaient la ville, et il valait de l’or à une époque où c’était le seul moyen de conserver le poisson et la viande pour l’hiver – on l’appelait l’or blanc, et il n’usurpait pas son nom. Le vin des coteaux d’Aunis et de Saintonge, lui, s’entassait en barriques et prenait la mer vers l’Angleterre et les pays du Nord, qui n’en produisaient pas. Deux denrées humbles, mais dont l’Europe ne pouvait se passer, et qui firent de ce port de vase l’un des plus actifs de toute la côte atlantique. Plus tard, quand le vin se fit eau-de-vie, ce même négoce donnerait naissance, un peu plus au sud, aux grands alcools de la région – mais n’anticipons pas, nous y reviendrons à table. Encore fallait-il savoir de quel roi l’on dépendait. Car La Rochelle passa longtemps de main en main. Quand Aliénor d’Aquitaine épousa Henri Plantagenêt, futur roi d’Angleterre, au milieu du douzième siècle, la ville bascula dans le domaine anglais, et elle y resta près de trois générations1. Le roi de France finit par la reprendre, les armes à la main, en 1224. Puis les hasards de la guerre de Cent Ans la rendirent aux Anglais. Et là, les Rochelais firent ce qu’ils savent faire de mieux : ils décidèrent eux-mêmes de leur sort.
Visiter La Rochelle autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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