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Visiter Dijon autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Dijon autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 137
Langue Français
ISBN 9798188807139
Parution 24/07/2026
Format broché 14,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si vous découvriez Dijon autrement qu'en suivant la file devant les monuments ? Ancienne capitale d'un État qui rivalisait avec le royaume de France, la ville a gardé son échelle, ses ruelles et ses secrets. Ce guide vous propose quatre journées de découverte au rythme d'un habitant : les grands sites bien sûr, mais racontés par un angle que les brochures oublient, et surtout tout ce que les visites organisées n'ont pas le temps de vous montrer. Une chouette de pierre usée par des siècles de vœux, une crypte ronde tapie sous une cathédrale, des cours cachées derrière des portails de la Renaissance, un chef-d'œuvre de la sculpture médiévale au milieu d'un parc, les boutiques où l'on tire encore la moutarde à la pompe, et les premières vignes de la Côte à quelques minutes du centre. Chaque étape mêle histoire, curiosités, légendes et adresses vérifiées, avec les informations pratiques nécessaires pour organiser votre séjour sans perdre de temps. Vous ne repartirez pas avec le sentiment d'avoir vu Dijon, mais avec celui de l'avoir connue.

Sommaire

Avant-propos
Au temps des Grands Ducs d’Occident
Jour 1 : Le cœur des Ducs
Sous les toits vernissés du Palais des Ducs
Notre-Dame, la chouette et la rue des Forges
Les trésors du Musée des Beaux-Arts
Jour 2 : Ruelles et hôtels Renaissance
De la Verrerie à la Vannerie
Le parlement de Bourgogne et Saint-Michel
Chez les moniales des Bernardines
Jour 3 : De Darcy à Saint-Bénigne
De la porte Guillaume à l’Arquebuse
La crypte et le musée de Saint-Bénigne
Moutarde, cassis et pain d’épices
Jour 4 : Champmol et les vignes
La Chartreuse de Champmol et le Puits de Moïse
La Cité de la Gastronomie et du Vin
Sur la route des Grands Crus
Informations pratiques
La table bourguignonne
Le carnet pratique
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Revenez un instant sur la place de la Libération, et regardez la longue façade claire du palais des Ducs et des États de Bourgogne prendre le soleil. Rien, dans cette élégance mesurée, ne crie le pouvoir. Et pourtant, ce que vous avez devant vous fut, pendant un siècle, le siège d’un des États les plus riches et les plus redoutés d’Europe, une cour qui rivalisait avec celle du roi de France et la surpassait souvent en éclat. Avant de partir à la découverte de la ville, il faut comprendre d’où lui vient cette allure de capitale qui n’a jamais tout à fait renoncé à l’être. Tout commence par un cadeau de roi. Une capitale née d’un cadeau En 1363, le roi de France Jean le Bon offre le duché de Bourgogne à son fils cadet, Philippe, en récompense de sa bravoure : à la bataille de Poitiers, l’enfant de quatorze ans s’était battu à ses côtés jusqu’à la capture, lui soufflant les coups à parer – « père, gardez-vous à droite, père, gardez-vous à gauche ». On le surnommera Philippe le Hardi. Ce cadeau paraît anodin ; il va bouleverser l’équilibre de l’Occident. Car Philippe épouse en 1369 Marguerite de Flandre, héritière d’un des plus riches territoires du Nord. D’un coup, le duc de Bourgogne se retrouve à la tête d’un ensemble qui s’étire de la vallée de la Saône jusqu’aux villes drapières de Flandre, aux ports de la mer du Nord, à l’Artois. Un État en archipel, sans unité géographique ni même de langue, mais d’une puissance financière colossale, nourrie par le vin et le commerce du Sud, par le drap et les foires du Nord. Ce n’était pas un royaume – les ducs restaient, en théorie, vassaux du roi de France –, mais c’en était un dans les faits : plus riche que la couronne, mieux administré, plus brillant. Les ducs battaient monnaie, entretenaient une diplomatie, levaient des armées, et tenaient tête à Paris chaque fois qu’il le fallait. Dijon, dans cet ensemble, occupe une place à part. Ce n’est pas la plus peuplée des villes ducales – Bruges, Gand ou Bruxelles la dépassent –, mais c’est le berceau, la capitale sentimentale et symbolique, la ville des tombeaux et des grandes cérémonies. C’est ici que les ducs veulent reposer, ici qu’ils fondent leur chartreuse-nécropole, ici que bat le cœur ancien de leur maison. Dijon est à la Bourgogne ce qu’une cathédrale est à un diocèse : pas forcément la plus grande, mais la plus sacrée. Pour comprendre l’allure qu’avait alors la ville, il faut l’imaginer ceinte de ses remparts, hérissée de clochers et de tours, telle que les graveurs anciens l’ont fixée. « Vue de Dijon », gravure de Matthäus Merian (vers 1657) Les quatre ducs qui défièrent les rois Quatre ducs se succèdent, et l’on parlera d’eux comme des Grands Ducs d’Occident. Après Philippe le Hardi vient son fils Jean sans Peur, homme dur et rusé, qui plonge la France dans la guerre civile en faisant assassiner le duc d’Orléans, et qui périt lui-même sous les coups, sur un pont, en 1419. Cet assassinat déclenche une guerre civile terrible entre Armagnacs et Bourguignons, qui déchire la France pendant des décennies et jette un temps la Bourgogne dans l’alliance anglaise. C’est d’ailleurs à des soldats bourguignons que Jeanne d’Arc est faite prisonnière en 1430, sous les murs de Compiègne, avant d’être livrée aux Anglais : la Pucelle a fini entre les mains des gens du duc de Bourgogne. On mesure, à ce seul fait, le poids de cette maison dans le destin du royaume. Puis règne le plus glorieux de tous, Philippe le Bon, pendant près d’un demi-siècle. Sous lui, la cour de Bourgogne devient la plus fastueuse d’Europe : on s’y habille, on y peint, on y compose, on y banquette comme nulle part ailleurs, et les ambassadeurs en repartent éblouis. On l’appelle le Grand Duc d’Occident, et le titre n’a rien d’usurpé : aucune cour, pas même celle de France, ne rivalise alors avec la sienne pour le luxe, le cérémonial et le mécénat. C’est Philippe le Bon qui fonde en 1430 l’ordre de la Toison d’or, la plus prestigieuse chevalerie de son temps, ce collier au mouton d’or qui disait au monde entier que la Bourgogne valait bien un royaume. C’est lui aussi qui attire les plus grands artistes du Nord – le peintre Jan van Eyck figure parmi ses gens, valet de chambre et diplomate autant que génie de la couleur – et qui fait de Dijon et de ses environs un foyer d’art sans égal.
Visiter Dijon autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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