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Visiter Bordeaux autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Bordeaux autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 153
Langue Français
ISBN 9798187840625
Parution 18/07/2026
Format broché 14,90 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si vous aviez tout vu de Bordeaux sans rien en comprendre ? Chaque année, des millions de visiteurs photographient la même façade, le même miroir d'eau, la même place, puis repartent avec le sentiment d'avoir traversé une belle ville un peu froide. Ce guide propose l'inverse. Quatre journées de découverte, un quartier par jour, à pied, loin des files d'attente et des circuits commerciaux. On y pousse la porte de cryptes que personne ne visite, on y comprend pourquoi un clocher se dresse à côté de son église, pourquoi les habitants les plus riches vivaient hors les murs, et ce qu'un bunker de béton fait au bord du fleuve. L'histoire y côtoie les curiosités, les légendes annoncées comme telles, les marchés, les tables de quartier et les moments où l'on s'arrête pour souffler. Les adresses citées ne sont pas celles des dépliants. Un dernier chapitre permet de vérifier ce qu'il en reste. Reste une question à laquelle seule la marche répond vraiment : qu'est-ce qui se cache derrière cette façade de pierre blonde ?

Sommaire

Avant-propos
Bordeaux avant Bordeaux
Bordeaux, la belle endormie réveillée
Le port de la Lune et le vieux Bordeaux
La façade des Lumières, face au fleuve
Dans le dédale de Saint-Pierre
Pey-Berland et la ville de pierre
Les Chartrons et le Triangle d’or
Le quai des négociants
Rue Notre-Dame, l’heure des antiquaires
Du Triangle d’or à Saint-Seurin
Saint-Michel, Sainte-Croix et les Capucins
La flèche qui veille sur le quartier
Sous les halles des Capucins
Sainte-Croix, l’autre Bordeaux
Les bassins, Bacalan et la rive droite
Le béton, l’eau et le vin
La Bastide, vue d’en face
Le pont de pierre à la nuit tombée
L’art de vivre bordelais
Ce qu’on rapporte de Bordeaux
Avant de repartir
Testez vos connaissances

Extrait

Mettez-vous un instant sur le pont de pierre, à peu près au milieu, et tournez-vous vers l’amont. Vous ne verrez pas une ville alignée face à vous, comme Paris se donne depuis ses ponts. Vous verrez une courbe. La Garonne s’incurve ici en un immense arc, et la ville a poussé le long de cet arc, en épousant sa forme, quai après quai, façade après façade. Les marins qui remontaient le fleuve depuis l’estuaire l’ont appelée le port de la Lune, parce que le mouillage dessinait un croissant. Le nom est resté. Il figure encore dans les armes de la ville, sous les tours et le léopard. C’est le premier conseil de ce livre, et il ne coûte rien : comprenez la courbe, et vous comprendrez Bordeaux. Tout le reste en découle. Les navires qui pouvaient s’abriter là, le vin qui partait vers l’Angleterre, l’argent qui est revenu, les façades qu’on a bâties pour être vues depuis l’eau, et jusqu’à cette manie bordelaise de tourner le dos à la rive droite pendant deux cents ans. Une ville de fleuve, pas une ville de mer. La différence est capitale et personne ne vous la dira sur place. Burdigala, une ville née d’une courbe Avant les Romains, il y avait déjà du monde. Les Bituriges Vivisques, peuple gaulois installé dans l’estuaire, tenaient un comptoir sur ce coude du fleuve, à l’endroit où une petite rivière, la Devèze, se jetait dans la Garonne. Elle coule toujours, sous vos pieds, canalisée depuis longtemps ; une rue du vieux Bordeaux en garde le souvenir dans son nom. Ce comptoir s’appelait Burdigala, et l’étymologie du mot fait toujours discuter les spécialistes, ce qui est une manière polie de dire qu’on n’en sait rien. Rome arrive, et la bourgade devient capitale. Sous l’Empire, Burdigala est le chef-lieu de la province d’Aquitaine, une ville de commerce et d’écoles, dotée d’un amphithéâtre, d’un forum et d’aqueducs. Elle a même produit un poète, Ausone, professeur de rhétorique devenu précepteur d’un empereur, qui a consacré à sa ville natale des vers où il la classe parmi les grandes cités du monde connu. Un enfant du pays qui vante son pays : la tradition est ancienne. Une précision qui a son importance pour la suite : c’est probablement sous les Romains que la vigne s’installe ici. Les Bituriges auraient acclimaté un cépage capable de résister aux hivers humides de l’Atlantique, la biturica, que certains considèrent comme un lointain ancêtre des cabernets. La filiation exacte reste discutée par les ampélographes, et vous entendrez sur place des affirmations bien plus catégoriques que ne le permettent les sources. Retenez seulement l’ordre des choses : la vigne est arrivée après le port, pas avant. Bordeaux est un port qui a trouvé une marchandise, et non un vignoble qui s’est trouvé un débouché. De cette ville romaine, il ne reste presque rien en surface. Presque. Curiosité insoliteÀ l’écart des circuits, entre la rue du Docteur-Albert-Barraud et la place Charles-Gruet, se dresse une ruine qui ressemble à un morceau d’aqueduc échoué dans un quartier résidentiel. C’est le palais Gallien, le seul vestige monumental de la Bordeaux romaine : l’amphithéâtre, bâti à la fin du IIe siècle, où l’on venait voir des jeux. Il pouvait accueillir plusieurs milliers de spectateurs. Ce qu’on en voit aujourd’hui, ce sont les arcs de brique et de pierre d’une entrée et d’un pan d’ellipse, cernés d’immeubles. Pendant des siècles, les Bordelais ont raconté que ce palais avait été construit par Charlemagne pour son épouse Galiène, d’où son nom. La légende est jolie et parfaitement fausse : l’édifice est romain, et de trois cents ans antérieur. Mais elle explique pourquoi un amphithéâtre porte un nom de palais.Palais Gallien, rue du Docteur-Albert-Barraud, 33000 Bordeaux. Ouvert à la visite en saison, accès et horaires variables selon la programmation de la Ville ; vérifier avant de vous déplacer. Le reste de la ville antique dort sous les caves du centre. On en retrouve des morceaux à chaque chantier, ce qui, à Bordeaux, retarde régulièrement les travaux et réjouit les archéologues. Trois siècles sous couronne anglaise L’événement qui a fait Bordeaux ne s’est pas produit à Bordeaux, mais dans une chambre nuptiale. En 1137, dans la cathédrale Saint-André, une jeune femme de quinze ans, héritière du plus vaste domaine de France, épouse le futur Louis VII. Elle s’appelle Aliénor d’Aquitaine. Le mariage tourne mal ; il est annulé en 1152. Quelques semaines plus tard, elle se remarie avec Henri Plantagenêt, qui devient roi d’Angleterre deux ans après. L’Aquitaine part avec elle.
Visiter Bordeaux autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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