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Visiter Amsterdam autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Amsterdam autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 171
Langue Français
ISBN 9798189555619
Parution 28/07/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si vous aviez visité Amsterdam sans jamais la voir ? La plupart des séjours se déroulent sur quelques centaines de mètres, entre une file d'attente et une boutique de souvenirs, et laissent de côté l'essentiel : une ville entièrement fabriquée, plantée dans la tourbe sur des troncs d'arbres, dont chaque façade penchée, chaque cour fermée et chaque nom de rue racontent quelque chose. Ce guide propose quatre journées de marche, une par quartier, dans le sillage d'un narrateur qui connaît sa ville et prend le contre-pied des circuits balisés. On y comprend pourquoi les maisons dansent, ce que cachent certaines portes anodines, d'où vient l'argent qui a payé les canaux, et où l'on mange encore comme les habitants. Les grands sites y figurent, racontés par un angle inattendu ; l'essentiel du parcours mène ailleurs, vers ce que les cars ne montrent jamais. Adresses vérifiées, cheminements pas à pas, repères d'histoire, curiosités, légendes annoncées comme telles et art de vivre : de quoi transformer un week-end en véritable découverte, et repartir avec le sentiment d'avoir compris une ville plutôt que de l'avoir traversée.

Sommaire

Avant-propos
Une ville posée sur des pilotis
Jour 1. Le vieux côté
Le barrage devenu place
Une église au milieu des vitrines
La balance, la tour et les épices
Jour 2. La ceinture des canaux
Trois canaux creusés en un siècle
Le labyrinthe des Neuf Rues
Le Jordaan derrière la Westerkerk
Jour 3. Le sud des musées
Le passage sous le Rijksmuseum
Les tournesols et le carré blanc
De la brasserie au marché du Pijp
Jour 4. L’eau, les docks et l’est
Le quartier que Rembrandt a peint
Un jardin de plantes et un zoo
Les îles et le bac gratuit
Informations pratiques
Le hareng, le fromage et la bière
Le carnet pratique
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Arrêtez-vous un instant sur n’importe quel pont du centre et regardez la rangée de maisons en face de vous. Vous verrez très vite que rien n’est droit. Une façade s’incline vers l’avant, sa voisine s’affaisse d’un côté, une troisième s’est décalée de quelques centimètres et entraîne son pignon avec elle. On appelle cela, ici, les maisons qui dansent. Ce n’est pas une malfaçon, ni un défaut d’entretien. C’est la conséquence directe du fait qu’Amsterdam n’existe pas. Entendons-nous : la ville est bien là, avec ses huit cent mille habitants et ses ponts. Mais le sol sur lequel elle repose n’a jamais été fait pour porter quoi que ce soit. C’est de la tourbe, de la vase et de l’argile molle, gorgées d’eau, sur une épaisseur considérable. Poser une maison de brique là-dessus revient à poser un livre sur un matelas. Tout ce que vous allez voir pendant quatre jours a donc été rendu possible par un geste technique répété des millions de fois : enfoncer des troncs d’arbre à travers la boue jusqu’à ce qu’ils rencontrent une couche de sable ferme, plus de dix mètres plus bas, et construire dessus. Le barrage qui a donné son nom Le nom de la ville raconte son origine, ce qui n’est pas si fréquent. Au XIIIᵉ siècle, des pêcheurs installés à l’embouchure d’une petite rivière, l’Amstel, construisent un barrage pour empêcher l’eau salée de remonter dans leurs terres. Un barrage se dit dam. Amstelledamme, le barrage sur l’Amstel, apparaît dans un document de péage accordé par le comte de Hollande dans les années 1270. C’est le premier acte de naissance connu. La ville obtiendra ses droits urbains au tournant du siècle suivant. Ce barrage n’a jamais disparu. Il est toujours là, sous vos pieds, quand vous traversez la grande place centrale au milieu des pigeons et des groupes en attente. La place s’appelle le Dam, tout simplement, et sa forme irrégulière est celle de l’ouvrage d’origine, élargi siècle après siècle. Le bras de mer qu’il retenait a été comblé au XIXᵉ siècle et transformé en une rue que vous emprunterez le premier jour, le Damrak : son nom signifie à peu près le bief du barrage, et son alignement de maisons qui trempent encore dans l’eau, côté est, est le dernier témoin de ce qu’elle fut. Le reste tient à une obsession collective : maîtriser l’eau. Assécher, endiguer, creuser, pomper, recommencer. Ce que l’on prend pour un décor pittoresque – les canaux, les écluses, les vannes – est en réalité une machinerie hydraulique en fonctionnement permanent. Les canaux du centre sont encore rincés régulièrement par un système d’écluses qui fait entrer et sortir l’eau, faute de quoi ils deviendraient rapidement irrespirables. Le saviez-vous Les pieux de bois qui portent Amsterdam ne pourrissent que s’ils prennent l’air. Tant qu’ils restent noyés dans une nappe d’eau souterraine constante, privés d’oxygène, ils se conservent des siècles. C’est pourquoi le niveau de cette nappe est surveillé avec un soin extrême : un abaissement durable, provoqué par des travaux ou par une sécheresse, exposerait des têtes de pieux à l’air et les ferait se dégrader. Un certain nombre de maisons anciennes ont ainsi dû être reprises en sous-œuvre, opération lourde qui consiste à glisser de nouvelles fondations sous un bâtiment habité. Quand vous verrez une façade encadrée d’un échafaudage lourd et d’un chantier qui semble ne rien construire, vous saurez ce qui s’y joue. Un siècle qui a tout décidé Amsterdam est une ville de province jusqu’à la fin du XVIᵉ siècle. En un peu plus de cinquante ans, elle devient l’un des ports les plus riches du monde. Ce basculement a des dates précises, et vous les croiserez partout. En 1602 naît la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, connue par ses initiales, la VOC. C’est la première société par actions de l’histoire, avec un capital ouvert, des parts négociables et des dividendes. En 1609, la ville crée une banque de change qui garantit la valeur des monnaies et fait d’Amsterdam la chambre de compensation de l’Europe. Deux ans plus tard, on bâtit une bourse couverte au bord du Rokin, où l’on négocie des marchandises qui n’ont pas encore quitté l’Asie. En 1613, enfin, la municipalité lance le plus grand chantier d’urbanisme du siècle : trois canaux concentriques creusés autour de la vieille ville, avec un règlement de lotissement, des largeurs de parcelle imposées et des zones d’activité séparées. Vous y passerez la deuxième journée.
Visiter Amsterdam autrement par Alain Schmidt - Éditions Revolu

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