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Sexualité après 60 ans - Le guide complet en 5 clés — Grégoire Delarue — Éditions Revolu
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Sexualité après 60 ans - Le guide complet en 5 clés

Comprendre le tabou, connaître son corps, réveiller le désir, oser en parler à deux, et tout ce dont personne ne parle : solitude, rencontres tardives, vie en établissement

Pages 207
Langue Français
Parution 26/07/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Pourquoi la sexualité après 60 ans reste-t-elle le sujet dont personne ne parle ? Ni la société, ni la famille, ni souvent le cabinet médical n'ouvrent la question, et des millions de personnes en tirent la même conclusion : ce ne serait plus de leur âge. Ce livre part du constat inverse. Il examine ce qui change réellement dans un corps après la soixantaine, ce qui bloque dans la tête, et ce qui se dit ou ne se dit pas dans un couple installé depuis des décennies. Il aborde le désir qu'on croit éteint, le regard porté sur un corps qui a changé, les conversations jamais tenues, et les situations que les autres ouvrages laissent de côté : la solitude, les rencontres tardives, la vie affective en établissement. Le ton est direct, souvent léger, jamais complaisant — l'humour y vise le tabou, pas les personnes. Pour celles et ceux qui se posent des questions comme pour celles et ceux qui les accompagnent, ce guide donne des mots là où il n'y en avait pas. Il ne dit à personne ce qu'il devrait vouloir. Il rend simplement la question posable.

Sommaire

Le sujet dont personne ne parle
Le dernier tabou
Pourquoi la société éteint le désir des plus de 60 ans
Ce que l’on sait vraiment de la vie intime après 60 ans
Quinze idées reçues passées au crible
Le corps, mode d’emploi
Le corps féminin après la ménopause
Le corps masculin après l’andropause
Douleur, sécheresse, inconfort : ce qui fonctionne
Vivre avec une maladie chronique et une vie sexuelle
Traitements et médicaments : ce qui freine, ce qui aide
Réveiller le désir
Le désir ne disparaît pas, il change de moteur
Le corps que l’on n’aime plus regarder
Quand la tête bloque : deuil, peur de l’échec, lassitude
Réveiller une libido endormie, semaine après semaine
La sexualité épanouie à deux
La conversation que l’on n’a jamais eue
Sortir du scénario unique
Le répertoire élargi : lenteur, caresses, accessoires, positions adaptées
Le couple de longue durée : désir décalé, routine, réinvention
Les vies qu’on n’imagine pas
Recommencer : nouvelle rencontre, rencontres en ligne, protection
Sexualités invisibles : seul, homosexuel, en établissement

Extrait

Il existe une question qui ne se pose jamais assis. Elle se pose debout, la main sur la poignée de la porte, dans les quelques secondes qui restent avant de sortir du cabinet médical. Elle commence presque toujours de la même façon : « Une dernière chose, docteur, ce n’est sûrement rien… » Et très souvent, elle s’arrête là. La phrase ne se termine pas. On remercie, on sort, on range l’ordonnance dans la poche intérieure, et on attend six mois de plus. Cette question porte sur la vie intime. Elle concerne une douleur qui s’est installée, une érection qui tarde, un désir qui a disparu sans prévenir, une envie qu’on croyait éteinte et qui se réveille au plus mauvais moment, c’est-à-dire trois ans après un veuvage, devant des enfants adultes qui trouvent ça déplacé. Elle n’a rien de honteux. Elle est même d’une banalité écrasante. Mais elle se heurte à un mur si épais et si bien construit que la plupart des gens renoncent à le franchir et concluent, faute de mieux, que ce n’est plus de leur âge. J’ai soixante-cinq ans, et j’ai cru cela aussi. Pendant une période compliquée de ma vie professionnelle, le désir avait tout simplement quitté les lieux. Pas de dispute, pas de rupture, pas de drame : il n’était plus là, voilà tout. La personne qui partageait ma vie s’en apercevait, forcément, et moi j’attendais que ça revienne, ce qui est la stratégie la plus répandue et la moins efficace du monde. J’ai fini par en parler à un médecin, ce qui m’a pris nettement plus de temps qu’il n’en faut pour parler de son taux de cholestérol. Ce que j’ai découvert alors n’a pas grand-chose à voir avec ce que j’allais chercher. Je n’avais pas de problème mécanique. Ce que j’avais, c’était un désir enfoui sous une couche de fatigue, d’inquiétude et de convictions parfaitement fausses sur ce qu’on peut encore attendre de soi à cet âge. Il n’avait pas disparu. Il s’était tu, ce qui n’est pas la même chose, et ce qui change absolument tout. À partir du moment où je l’ai su, la question a cessé d’être « est-ce que c’est fini » pour devenir « qu’est-ce qui l’empêche ». C’est une bien meilleure question. C’est même la seule qui mène quelque part. Je ne prétends pas que mon expérience soit une leçon, ni qu’elle vaille protocole pour qui que ce soit. Elle m’a simplement appris que la porte que je croyais fermée était seulement coincée, et que je n’avais jamais essayé de la pousser. Ma vie intime aujourd’hui ne ressemble pas à celle de mes trente ans : moins de pulsions, moins de fantasmes qui surgissent tout seuls, et beaucoup plus de désir qui naît de la tendresse, de la présence, d’un moment partagé. Longtemps j’aurais tenu ça pour une consolation. Je sais maintenant que c’est autre chose : un autre régime de fonctionnement, pas une version dégradée du précédent. Ce mur, donc, mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il est récent, artificiel, et qu’il tient debout uniquement parce que personne ne le pousse. Nous vivons dans une société qui exhibe du sexe pour vendre des yaourts, des voitures et des contrats d’assurance, et qui devient d’une pudeur de sacristie dès que les cheveux des protagonistes passent au gris. À partir de soixante ans, les images disponibles changent de rayon : on ne vous propose plus du désir, on vous propose de la mutuelle, du monte-escalier et des croisières commentées. Le message n’est jamais formulé, il n’a pas besoin de l’être. Il est dans l’air, il s’inhale, et au bout de quelques années il finit par sortir de votre propre bouche. Les faits racontent autre chose. Des millions de personnes de plus de soixante ans ont une vie intime, avec un partenaire ou sans, régulière ou épisodique, satisfaisante ou compliquée, exactement comme à tous les autres âges de la vie. Beaucoup d’autres n’en ont plus et le regrettent. D’autres n’en ont plus et s’en portent très bien, ce qui est également une réponse valable et beaucoup moins scandaleuse qu’on ne le croit. Ce qui pose problème, ce n’est aucune de ces situations. C’est qu’aucune d’elles ne se dit. Ce silence a un coût, et il est très concret. Des douleurs endurées pendant des années alors qu’elles se traitent. Des troubles de l’érection mis sur le compte de l’âge alors qu’ils signalent parfois un problème cardiovasculaire qu’il aurait fallu explorer.
Sexualité après 60 ans - Le guide complet en 5 clés par Grégoire Delarue - Éditions Revolu

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