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Meurtre sur la croisière — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtre sur la croisière

Un thriller en huis clos sur un paquebot de luxe en Méditerranée

Pages 363
Langue Français
ISBN 9798249968670
Parution 26/02/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Octobre 2025. Le paquebot L'Illustre appareille de Gênes pour une croisière en Méditerranée. Deux mille quatre cents cabines, dix-huit ponts, et un cadavre retrouvé au matin dans une suite du pont 18 — les yeux ouverts, les bras le long du corps, un étui en argent sur la table de nuit.
Le navire est en pleine mer. Personne ne descend. Personne ne monte.
Un flic sans mandat commence à poser des questions. Autour de la victime gravitent une directrice d'école d'arts, une femme politique, un peintre martiniquais, un gestionnaire de biens immobiliers, une antiquaire autrichienne. Chacun avait ses raisons de sourire au dîner de Barcelone. Chacun a cessé de sourire quand le mort a levé son verre en disant : « À la transparence. »
Un tableau flamand dans un coin d'exposition. Une carte-clé qui n'a jamais été désactivée. Des noms de familles que personne ne prononce.
Sur ce navire, tout le monde ment. Le problème, c'est de trouver qui ment sur le bon sujet.

Extrait

Je suis arrivé à Gênes un mardi d’octobre, par le train de nuit depuis Milan. Il me semble que c’était le 14. Ou le 15. Je confonds les dates de cette semaine-là, elles se sont mélangées dans ma mémoire comme se mélangent les jours en mer, quand plus rien ne les distingue sinon la couleur du ciel et l’heure des repas. Le taxi m’a déposé devant la Stazione Marittima, sur le Ponte dei Mille — le pont des Mille, comme les volontaires de Garibaldi qui étaient partis de ce même quai en 1860 pour conquérir la Sicile1. Je ne sais pas pourquoi j’ai pensé à Garibaldi en descendant du taxi. Le chauffeur m’avait parlé de football pendant tout le trajet — le Genoa CFC, une défaite récente, un arbitre vénal — et peut-être que cette conversation m’avait mis dans un état de légère stupeur qui favorise les associations. Il faisait chaud pour un mois d’octobre. Une chaleur de port, lourde, chargée de fuel et de sel. Il y avait du monde sur le quai — beaucoup de monde. Des familles avec des poussettes, des couples retraités en tenue de sport, des groupes qui se photographiaient devant la coque du navire avec des téléphones tendus à bout de bras. Une femme portait un chapeau de paille si large qu’elle masquait les deux personnes qui marchaient derrière elle. Je l’ai regardée un moment. Elle avançait sans se soucier de l’embouteillage qu’elle créait, et j’ai pensé que c’était une forme d’élégance, ou d’inconscience, et que les deux se ressemblent souvent. Le navire était là. Je ne savais pas qu’un navire pouvait être aussi grand. C’est une phrase ridicule, je le sais — j’avais vu des photographies, Marc m’avait montré la brochure, j’avais regardé distraitement les chiffres sur le site de la compagnie. Dix-huit ponts. Deux mille quatre cents cabines. Six mille passagers. Les chiffres ne disaient rien. Le navire, lui, disait tout. Il était blanc, massif, vertical — un immeuble couché sur l’eau, ou plutôt posé sur l’eau, parce qu’il ne donnait pas l’impression de flotter mais d’être là depuis toujours, planté dans le port de Gênes comme une falaise de tôle et de verre. Les canots de sauvetage orange, accrochés en rangées le long des flancs, ressemblaient à des bouchons d’oreille géants. J’ai compté les ponts depuis le quai. Je me suis arrêté à douze. Les six derniers se perdaient dans une superstructure de vitres fumées et d’antennes. L’Illustre, compagnie Navigazione del Sole. Le nom était peint en lettres dorées sur la coque, à la proue, et il y avait un drapeau panaméen à la poupe — le pavillon de complaisance, comme on dit dans le vocabulaire maritime, ce qui veut dire que le navire est immatriculé dans un pays qui ne lui impose ni les taxes ni les normes du pays qui l’a construit2. J’ai regardé le drapeau. Puis j’ai regardé le nom. Puis j’ai regardé la file d’attente devant le terminal d’embarquement, et j’ai cherché dans ma poche la confirmation de réservation que Marc Jasmin m’avait envoyée par courriel trois semaines plus tôt et que j’avais imprimée au dernier moment, dans un bureau de tabac de la gare de Milan, sur du papier qui sentait le toner. Marc Jasmin. C’est lui qui m’avait inscrit sur ce navire. Je ne sais plus exactement dans quelles circonstances — un dîner, je crois, chez lui, à Paris, trois mois plus tôt. J’avais dit quelque chose sur les croisières. Que je n’avais jamais mis les pieds sur un paquebot. Que l’idée m’indifférait. Ou peut-être que j’avais dit que l’idée m’intéressait, sur un ton qui signifiait le contraire, et que Marc avait décidé de prendre le contraire du contraire. Marc prend tout pour un défi. C’est sa manière d’aimer les gens — il les pousse là où ils ne veulent pas aller et il considère que c’est un cadeau. Il a parfois raison. Pas toujours. La file d’attente avançait lentement. Il y avait des contrôles de sécurité, un portique, des agents en uniforme bleu marine qui vérifiaient les passeports avec une lenteur méthodique. J’ai attendu. L’homme devant moi portait un polo rose et des mocassins sans chaussettes, et il parlait au téléphone en anglais avec quelqu’un qui s’appelait Trevor. Il répétait « absolutely » toutes les trente secondes, et j’ai commencé à compter les occurrences pour passer le temps. J’en étais à onze quand mon tour est arrivé. L’agent m’a pris mon passeport, l’a scanné, a regardé l’écran, m’a regardé, a regardé l’écran à nouveau.
Meurtre sur la croisière par Guillaume Germain - Éditions Revolu

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