Éditions Revolu — Maison d'édition de guides pratiques
Meurtre au camping — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtre au camping

Un thriller à suspense où chaque vacancier cache un secret

Pages 247
Langue Français
ISBN 9798250082792
Parution 27/02/2026
Format broché 14,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Un camping cinq étoiles sur le littoral languedocien, en plein mois d'août. Des familles, du chlore, des guirlandes lumineuses au bar du Nautile. Un gérant que tout le monde connaît et que personne ne connaît vraiment.
Un matin, à cinq heures quarante-deux, un corps flotte dans le bassin des Salines.
L'enquête commence — et rien ne converge. Les pistes s'ouvrent, se croisent, se contredisent. Un cadastre falsifié. Des messages qui mêlent la tendresse et la menace. Un maître-nageur nerveux. Une femme qui cesse de boire du jour au lendemain. Un ancien légionnaire qui pose son Perrier avec une précision millimétrique. Et dans les allées désertes, une petite fille de huit ans qui promène un arrosoir jaune.
Trois crimes. Trois mobiles. Aucun lien — sinon un homme mort que chacun croyait connaître.
Dans un camping, tout le monde se croise. Personne ne se voit.

Extrait

J’ai pris la D612 à la sortie de Béziers, puis la D37 vers la mer. La route était droite, bordée de vignes basses, et la chaleur faisait trembler l’air au-dessus du bitume. Il devait être cinq heures de l’après-midi, peut-être cinq heures et demie. J’avais roulé depuis Lille avec une seule pause à hauteur de Montélimar — un café dans une station où personne ne parlait à personne, ce qui m’avait convenu. Je ne sais pas très bien pourquoi j’avais accepté de venir. Juliette avait insisté, avec cette douceur obstinée qu’elle met dans les choses quand elle a décidé qu’elles auraient lieu. « Il y a de la place, on a trois mobil-homes, tu peux rester quatre jours ou dix, comme tu veux. » J’avais dit oui sans réfléchir, et je m’étais retrouvé sur la route un lundi matin avec un sac à moitié fait et l’impression d’avoir oublié quelque chose à la maison — probablement la raison pour laquelle j’étais parti. Le camping Les Oyats se trouvait à Portiragnes-Plage, entre la mer et l’étang. Cinq étoiles. Je n’avais jamais mis les pieds dans un camping cinq étoiles. Je n’avais jamais mis les pieds dans un camping tout court, à vrai dire, et je ne savais pas exactement ce que les étoiles mesuraient — le confort des matelas, la qualité du silence, la densité de voisins au mètre carré. À la réception, une jeune femme m’a tendu un plan du camping avec un sourire professionnel. Le plan était en couleur, avec des petits symboles pour chaque type d’hébergement — des triangles verts pour les tentes, des rectangles bleus pour les mobil-homes, des carrés rouges pour ce qu’ils appelaient les « logements prestige ». Le camping était immense. Des zones portaient des noms de plantes — les Genêts, les Romarins, les Cistes, la Garrigue — comme si on avait voulu donner à cette concentration de structures en PVC et en aggloméré l’allure d’un jardin botanique. J’ai trouvé ça un peu triste, puis je me suis dit que c’était peut-être touchant. Je n’ai pas tranché. La zone des Cistes était au milieu du camping, à peu près à égale distance de la piscine et de la plage. Les mobil-homes étaient alignés le long d’allées étroites, séparés par des haies de troène taillées à hauteur d’épaule. Chacun avait sa terrasse en bois composite, ses deux chaises de jardin, son parasol. Le sol entre les allées était un mélange de gravier et de sable, et on entendait déjà, depuis l’autre bout du camping, une musique de fond — quelque chose de synthétique et de joyeux qui semblait sortir de partout et de nulle part. Juliette est apparue avant que j’aie eu le temps de trouver mon mobil-home. Elle portait une robe à fleurs et des sandales, elle avait les cheveux relevés en chignon lâche, et elle riait déjà en me voyant traîner mon sac sur le gravier comme si je débarquais à pied dans le Sahel. Elle m’a pris dans ses bras avec cette énergie qu’elle a — solaire, un peu trop, mais sincère. On ne peut pas en vouloir à Juliette de rayonner. C’est chez elle un défaut constitutionnel. — Tu as fait bonne route ? — J’ai fait une route. Elle a ri. Juliette rit de tout, même quand ce n’est pas drôle, et surtout quand je fais exprès de ne pas être drôle — ce qui, entre nous, est une nuance que la plupart des gens ne perçoivent pas. Les autres étaient déjà installés. Valérie — que tout le monde appelle Valou, et qui grimace quand on l’appelle Valérie — était allongée sur un transat devant son mobil-home, les yeux fermés, un téléphone posé sur le ventre. Valou est interprète à l’ONU, ce qui signifie qu’elle parle six langues, connaît les secrets de vingt ambassadeurs, et peut vous raconter en simultané dans deux d’entre elles comment le représentant permanent de la Malaisie lui a fait du pied sous la table pendant une session du Conseil de sécurité. Quand elle ne traduit pas les conflits du monde, elle en provoque de petits dans sa vie sentimentale, avec une régularité qui force l’admiration. — Salut beauté, a dit Valou sans ouvrir les yeux. — Salut Valou. Olivier était assis à la table de la terrasse voisine, un livre à la main, un verre de rosé à portée de bras.
Meurtre au camping par Guillaume Germain - Éditions Revolu

Dans la même collection

Mossad

Gabriel Dayan
★★★★☆

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience sur notre site. En continuant à naviguer, vous acceptez notre politique de confidentialité.