Éditions Revolu — Maison d'édition de guides pratiques
Meurtre à Marseille — Guillaume Germain — Éditions Revolu
Thriller et policier

Meurtre à Marseille

Une femme détective face à la corruption de sa propre hiérarchie — Thriller policier

Pages 285
Langue Français
ISBN 9798249660888
Parution 24/02/2026
Format broché 13,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Marseille, janvier 2025. Le corps d'un galeriste est découvert dans son atelier du Panier, allongé sur une table de marbre, les mains croisées, les yeux fermés. Un fil de soie rouge noué autour du cou. Aucune trace d'effraction. Aucun témoin. La mise en scène ressemble à une œuvre d'art.
La commandante Diane Castelli prend l'enquête. Puis un deuxième corps apparaît. Même fil. Même signature. Puis un troisième.
En fouillant le passé des victimes, Diane exhume un événement que Marseille a enterré trente ans plus tôt — une nuit de septembre 1995, un bateau qui n'est jamais arrivé, quatorze morts que personne n'a comptés. Les fils se tendent entre le présent et ce naufrage oublié. Et quand Diane comprend enfin qui tire ces fils, elle découvre que la vérité mène au cœur de sa propre hiérarchie.
Certains silences tuent plus lentement que la soie.

Extrait

Clara Musik arriva devant la galerie à sept heures quarante. Ou peut-être un peu avant, sept heures trente-cinq. Elle s’en souviendrait mal, par la suite, quand les policiers lui poseraient la question — cette question si simple qui deviendrait impossible : à quelle heure exactement ? La ruelle était encore vide. C’est un des traits du Panier que les gens de passage ne soupçonnent pas : le quartier se lève tard. Les volets restent clos bien après l’aube, les chats règnent sur les escaliers, et il faut attendre neuf heures, parfois dix, pour que la vie reprenne dans les montées et les passages. Clara connaissait ce silence. Elle l’aimait bien. Il donnait à ses matinées une qualité particulière, comme si elle entrait dans un lieu qui n’appartenait encore à personne. La galerie occupait le rez-de-chaussée d’un immeuble dont la façade avait été ravalée deux ans plus tôt — un crépi ocre pâle qui s’écaillait déjà par endroits, des volets en bois peints d’un bleu un peu trop vif pour le quartier. Aurélien Vidal avait choisi ce bleu lui-même. Clara se souvenait du jour où il avait montré l’échantillon au peintre, un bleu qu’il appelait « bleu Klein » mais qui n’avait rien à voir avec le bleu Klein1. Un bleu de carte postale, en réalité. Vidal avait des goûts sûrs en peinture mais des certitudes discutables en matière de couleurs de volets. Elle tourna la clé dans la serrure. La porte s’ouvrit sans résistance — elle avait l’habitude de forcer un peu, le bois gonflait avec l’humidité de janvier, mais ce matin-là, rien. La porte glissa. Clara nota ce détail sans y penser. Elle le noterait plus tard, rétrospectivement, quand tout prendrait un autre sens. La salle d’exposition était plongée dans la pénombre. Les stores vénitiens filtraient une lumière grise, presque blanche, qui découpait des barres horizontales sur le mur du fond. Les toiles accrochées — une série de paysages abstraits d’un artiste corse dont Clara avait oublié le nom — n’étaient que des rectangles sombres. Elle ne chercha pas l’interrupteur. Elle traversa la salle en diagonale, comme chaque matin, par le chemin qu’elle connaissait entre les chevalets et le comptoir d’accueil, et poussa la porte de l’atelier. L’atelier était éclairé. C’est la première chose qu’elle vit. Les néons étaient allumés, les quatre tubes fluorescents que Vidal avait fait installer au plafond pour examiner les toiles sous une lumière constante, et cette lumière crue, blanche, sans ombre, donnait à la pièce un aspect de salle d’opération. Clara s’arrêta sur le seuil. La pièce sentait le vin. Un vin lourd, tannique, dont l’odeur se mêlait à celle, plus ténue, de la térébenthine et du bois ciré. Aurélien Vidal était allongé sur la grande table de marbre. Clara le vit d’abord comme une forme — un volume sombre posé sur la surface blanche de la table, sous les néons. Puis les détails vinrent, un par un, dans un ordre qu’elle serait incapable de reconstituer. Le costume gris anthracite. Les mains croisées sur le torse. Les chaussures — des richelieus noirs, cirés, impeccables. Les yeux fermés. Et le fil. Le fil de soie rouge. Il était noué autour du cou de Vidal avec une précision que Clara, même dans l’état de sidération où elle se trouvait, perçut comme délibérée. Le nœud n’était ni trop serré ni lâche. Il reposait sur la peau, juste au-dessus du col de chemise, et le fil, très fin, brillait sous les néons avec un éclat soyeux qui semblait appartenir à un autre registre que celui de la mort. On aurait dit un ruban de décoration posé sur un cadeau. Ou le fil d’une broderie inachevée. Clara ne cria pas. Elle recula d’un pas, heurta un chevalet qui tomba avec un bruit de bois contre le carrelage — un bruit sec, disproportionné dans le silence — et ce bruit la ramena à elle-même. Elle sortit son téléphone de la poche de son manteau. Ses mains tremblaient. Elle composa le 172. Elle dit quelque chose — plus tard elle ne se rappellerait pas ses propres mots, seulement la voix de l’opératrice, calme, méthodique, qui lui demandait l’adresse, et elle avait donné l’adresse, elle en était presque sûre, la rue du Refuge, non, pas la rue du Refuge, la rue des Muettes, ou peut-être une autre rue encore, toutes ces ruelles du Panier se ressemblaient un peu dans sa mémoire. Elle s’assit sur le tabouret de l’accueil, dans la salle d’exposition, face aux paysages corses qu’elle ne voyait pas, et elle attendit.
Meurtre à Marseille par Guillaume Germain - Éditions Revolu

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