Thriller et policier
Dans la bouche : une feuille manuscrite.
Entre les quais de Saône, les pentes de la Croix-Rousse et les ruelles du Vieux Lyon, l'enquête entraîne le lecteur de rue en rue, de suspect en suspect — chaque indice semble désigner quelqu'un, jusqu'à ce qu'un autre le contredise. Les fausses pistes sont nombreuses, les silences éloquents, et la vérité ne ressemble à rien de ce qu'on avait cru voir venir.
Une Olivetti. Un manuscrit de deux cent quatre-vingts pages. Un cachet postal de trois semaines.
Les traboules gardent tout — jusqu'à la dernière page.
Meurtre à Lyon
Un thriller policier au cœur du festival du roman noir de Lyon
Format broché
13,50 €
Format Kindle
6,99 €
Présentation
Lyon, début avril. Le festival Quais du polar bat son plein place Bellecour quand le corps de Viktor Szeman — romancier franco-hongrois, invité d'honneur — est découvert dans une traboule de la rue du Bœuf. Assis contre la pierre, les mains à plat sur les genoux. Aucune trace de violence.Dans la bouche : une feuille manuscrite.
Entre les quais de Saône, les pentes de la Croix-Rousse et les ruelles du Vieux Lyon, l'enquête entraîne le lecteur de rue en rue, de suspect en suspect — chaque indice semble désigner quelqu'un, jusqu'à ce qu'un autre le contredise. Les fausses pistes sont nombreuses, les silences éloquents, et la vérité ne ressemble à rien de ce qu'on avait cru voir venir.
Une Olivetti. Un manuscrit de deux cent quatre-vingts pages. Un cachet postal de trois semaines.
Les traboules gardent tout — jusqu'à la dernière page.
Extrait
Vendredi 3 avril, 14h07 — Gare Part-Dieu. Le TGV est entré en gare à l’heure indiquée.1 J’ai ramassé mon bagage — une valise assez petite, le strict nécessaire pour trois jours — et j’ai suivi le mouvement des voyageurs vers la sortie. Pas très vite. Il n’y avait aucune raison de presser le pas. Le quai sentait la ferraille et la pluie récente. Ou peut-être seulement la ferraille, et j’avais inventé la pluie parce que le ciel, à travers la verrière, avait cette teinte particulière qui précède l’averse sans jamais tout à fait la promettre. Un vendredi d’avril à Lyon. Je ne savais pas encore quoi penser de cette ville. Je n’y étais pas venu depuis longtemps. Huit ans, peut-être neuf. Une conférence philosophique à l’université Jean-Moulin, deux jours et quelques repas, une nuit dans un hôtel trop bruyant près de la gare. Aucune raison depuis lors d’y retourner, puis cette invitation du festival — une table ronde sur l’édition du roman policier, « l’état du genre, les mutations économiques, la question de la diffusion numérique ». J’avais accepté par inertie, ce qui est souvent une bonne raison d’accepter quelque chose. Dans le hall de la gare, les écrans annonçaient des départs vers Paris, Marseille, Genève. Une femme en tailleur sombre consultait son téléphone en marchant, trop vite pour regarder où elle allait, et ne heurtait personne par un miracle de répétition quotidienne. Je suis descendu vers le métro. La ligne D jusqu’à Bellecour. Quatre stations, pas plus. Les rames de la ligne D sont automatiques — aucun conducteur, ce qui donne à chaque trajet une légère impression d’abandon. Je me suis assis près de la porte. Devant moi, un adolescent en sweat-shirt écoutait de la musique avec des écouteurs trop grands pour sa tête. Il regardait le fond du wagon avec l’attention de quelqu’un qui ne regarde rien. Sur le siège à côté de lui, un sac à dos posé comme un territoire. À Bellecour, j’ai pris l’ascenseur. La station est profonde. En remontant vers la surface, j’ai pensé à Marc. Il m’avait envoyé un message la veille pour me dire qu’il arrivait de Paris dans la matinée, qu’il serait à l’hôtel vers midi, qu’on pourrait se voir le soir. Une conférence de neurobiologie à l’Université Claude Bernard, rien à voir avec le festival. Marc venait à Lyon trois ou quatre fois par an pour des raisons qui ne me regardaient pas, et j’avais appris depuis longtemps à ne pas lui demander lesquelles. C’était comme ça entre nous — une amitié de vingt ans qui fonctionnait très bien précisément parce qu’on ne cherchait pas à la comprendre. La place Bellecour est grande.2 Je veux dire : réellement grande, d’une largeur qui désarçonne un peu quand on en sort d’un coup. Le ciel d’avril s’étalait au-dessus sans obstacle. La statue de Louis XIV, à cheval, regardait vers le nord ou vers le sud, je ne me souviens plus. Il y avait peu de monde en milieu d’après-midi — des familles avec des poussettes, quelques joggers qui contournaient la place, un groupe de touristes asiatiques suivant un guide qui portait un parapluie rose en guise de signal. J’ai traversé vers la rue de la République. Mon hôtel se trouvait rue de la Barre, dans le 2e arrondissement, à dix minutes à pied. J’aurais pu prendre un taxi, j’avais le temps de marcher. J’aime marcher dans une ville que je ne connais pas encore très bien — c’est la façon la plus honnête de la rencontrer, depuis le sol, à hauteur d’œil, sans la résumer à une carte ou à ce que d’autres en ont dit. La rue de la République est longue, commerçante, bordée d’immeubles haussmanniens un peu sombres. Des magasins de vêtements, une pharmacie, un fleuriste dont les seaux de tulipes débordaient sur le trottoir. Il me semble que j’ai longé la devanture d’une librairie sans m’arrêter — ou peut-être que je me suis arrêté une minute devant la vitrine et que je l’ai oublié ensuite. Ces petits écarts de mémoire me gênaient moins qu’autrefois. À l’hôtel, j’ai posé ma valise, ouvert la fenêtre. La chambre donnait sur une cour intérieure, ce qui est préférable à une rue. Du calme, de l’air, une lumière grise et douce. J’ai rangé quelques affaires dans le placard sans raison particulière — par habitude, parce que défaire une valise dans une chambre d’hôtel ressemble à une façon de s’y installer, même quand on sait qu’on n’y restera pas. Il était un peu après quinze heures.