Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
L'Innocent de Jérusalem — Benoit de Cazeville — Éditions Revolu
Religions et Spiritualités

L'Innocent de Jérusalem

La Passion du Christ en thriller historique, d'après les quatre évangiles

Pages 197
Langue Français
ISBN 9798186545286
Parution 09/07/2026
Format broché 16,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si vous connaissiez cette histoire par cœur sans l'avoir jamais vraiment vue ? Un homme est arrêté de nuit, jugé en quelques heures, livré à Rome, cloué sur une colline. Vous savez comment cela finit. Mais l'avez-vous regardé se faire, de l'intérieur, à hauteur de ceux qui l'ont laissé arriver ? Deux voix racontent ces trois jours. Un membre du Conseil qui a tout vu et n'a rien dit. Un officier romain qui a mené la besogne sans y croire. Aucun des deux ne comprend ce qui se joue. Aucun des deux n'est innocent. Rien n'a été inventé : tout vient des quatre évangiles. Seul le regard a changé. Celui qui a livré était-il un traître ou un instrument ? Le condamné était-il coupable ? Et au matin, ce tombeau vide — qu'en penserez-vous ?

Sommaire

Note liminaire
Le complot
La nuit du Conseil
Rome regarde la ville
Trente pièces
La besogne des autres
Ce qui se prépare dans le noir
L’arrestation et le procès de nuit
Le baiser
Le procès de la nuit
Le coq
Il faut Rome
Le sang innocent
Le procès romain
Le préfet
Le renvoi
Barabbas
L’impuissance
Voici l’homme
Le Golgotha et le tombeau
Le chemin
L’écriteau
Le partage
Le voile
Le centurion
Le tombeau
Le premier jour

Extrait

Ce livre prend pour matière le récit le plus sacré qui soit. Cela demande un mot avant de commencer. Rien, dans ces pages, n’a été inventé. Chaque fait vient des quatre évangiles. Je n’ai ajouté aucun événement, aucun personnage, aucune scène qui n’y figure. Là où les évangélistes divergent – sur la mort de Judas, sur les dernières paroles, sur ce qu’a dit l’officier romain devant la croix —, j’ai gardé la divergence plutôt que de la gommer. La seule chose que j’aie changée, c’est l’endroit d’où l’on regarde. J’ai choisi de raconter ces trois jours par deux hommes qui étaient là, mais en marge. Un membre du Conseil qui a tout vu et n’a rien dit. Un officier romain qui a mené la besogne sans y croire. Ni l’un ni l’autre ne comprend ce qui se joue. Cette ignorance est la leur, pas la vôtre : elle permet de vivre les faits comme ils ont été vécus, dans le noir, sans la lumière de ce qu’on sait aujourd’hui. Car voici ce que je veux dire clairement, à qui craindrait qu’on se serve d’un texte saint pour fabriquer un divertissement. Je n’ai pas transformé la Passion en thriller. Je me suis aperçu qu’elle en était un. Une arrestation de nuit. Une trahison par un proche, scellée d’un baiser. Un procès bâclé avant l’aube, sur un faux témoignage. Un juge qui ne trouve aucun crime et condamne tout de même. Un compte à rebours de quelques heures. Un innocent mené à la mort à la place d’un coupable qu’on relâche. Et, au matin, un tombeau vide que personne ne sait expliquer. Ces ressorts, je ne les ai pas plaqués sur le texte. Ils y sont. Le récit le plus haletant qui ait jamais été écrit l’a été il y a deux mille ans, et il n’a pas été écrit pour tenir en haleine : il a été écrit parce que cela s’est passé. Je n’ai fait qu’ôter l’habitude qui nous empêche de le ressentir encore. Ce livre ne juge personne et ne remplace rien. Il ne prétend pas dire ce que ces événements signifient : cette question, il la laisse entière, comme les évangiles eux-mêmes la laissent, à celui qui lit. Il ne demande qu’une chose : lire cette histoire que vous croyez connaître comme si vous l’entendiez pour la première fois.

La nuit du Conseil On me réveille à la troisième veille1. Un serviteur secoue mon épaule, la main froide, la voix plus froide encore. Il ne dit qu’un mot : le Conseil. Puis il recule dans l’ombre, sa lampe tremblant au bout de son bras, et il attend que je me lève. Je me lève. À mon âge, on ne pose plus de questions à un homme qui vous réveille à la troisième veille pour vous dire le Conseil. On chausse ses sandales. On prend son manteau. On sort dans le froid. Écoutez comment cela commence. Cela commence par une nuit où personne n’aurait dû être debout, et où pourtant toute la Ville l’était. Car nous sommes à quelques jours de la Pâque2, et Jérusalem n’est plus Jérusalem. Elle a doublé, puis triplé. Les pèlerins couchent contre les murs, dans les cours, sur les terrasses, partout où un corps peut tenir. Ils sont montés du nord et du sud, des villages et des ports, avec leurs agneaux, leurs enfants, leurs vieux. On a allumé des feux à même les rues. L’odeur du suif et de la laine mouillée pèse sur la Ville comme un couvercle. On chante quelque part, on prie ailleurs, un âne braie sans fin dans une ruelle. La Ville ne dort pas parce que la Ville est trop pleine pour dormir. Je marche derrière le serviteur, et je ne suis pas tranquille. Nous descendons vers la Ville basse par des ruelles où il faut enjamber les dormeurs. Ils sont là par grappes, roulés dans leur manteau, un enfant contre le flanc, un bâton de marche à portée de main. Le serviteur passe entre eux sans les voir, comme on passe entre des pierres. Moi, je les regarde. Ce sont eux, le peuple pour lequel on va dire cette nuit qu’il vaut mieux qu’un homme meure. Ils dorment. Ils ne savent rien.
L'Innocent de Jérusalem par Benoit de Cazeville - Éditions Revolu

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