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L'homosexualité est-elle un choix ? — Grégoire Delarue — Éditions Revolu
LGBTQ+

L'homosexualité est-elle un choix ?

Ce que la science a réellement établi sur l'orientation sexuelle

Pages 271
Langue Français
ISBN 9798249808136
Parution 25/02/2026
Format broché 13,50 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Et si tout ce que vous croyez savoir sur l'origine de l'orientation sexuelle reposait sur des raccourcis ? La science a accumulé des décennies de données sur l'homosexualité — génétique, hormones prénatales, structures cérébrales, épigénétique, comportements animaux — et ses conclusions ne ressemblent ni au « c'est un choix » ni au « c'est dans les gènes ». La réalité est à la fois plus riche et plus déstabilisante. Grégoire Delarue rassemble ici l'ensemble de ces résultats : ce que l'imagerie cérébrale révèle, ce que les études de jumeaux mesurent, ce que quatre cent cinquante espèces animales démontrent, ce que la biologie moléculaire commence à cartographier. Chaque donnée est présentée avec ses limites et ses zones d'ombre. L'homosexualité n'est pas une anomalie, pas un caprice, pas un programme figé — c'est une variation dont les mécanismes restent en partie à élucider. Ce livre ne milite pour aucun camp. Il expose les faits tels que la recherche les a produits, distingue les certitudes des hypothèses, et laisse au lecteur le soin de tirer ses propres conclusions.

Extrait

L’un des arguments les plus fréquemment opposés à l’homosexualité tient en trois mots : « c’est contre nature ». La formule semble imparable. Elle suppose que la nature aurait établi un modèle unique — la reproduction hétérosexuelle — et que tout écart constituerait une aberration. Le problème, c’est que cette affirmation repose sur une méconnaissance profonde de ce que la nature produit réellement. Car si l’on prend la peine de consulter la littérature scientifique, le constat s’impose avec une netteté déconcertante : les comportements homosexuels ne sont pas l’exception dans le règne animal. Ils en font partie intégrante. Ce chapitre vous propose de parcourir ces observations, non pas pour établir un parallèle mécanique entre l’animal et l’humain — ce serait une erreur méthodologique grave — mais pour poser un socle factuel qui invalide d’emblée l’argument naturaliste. Ce que les ornithologues ont documenté Les oiseaux constituent le groupe zoologique le mieux étudié en matière de comportements homosexuels, et les données accumulées depuis plusieurs décennies ne laissent aucune place à l’ambiguïté. Chez les cygnes, les oies et les mouettes, les montes entre mâles représentent une fraction substantielle des interactions sexuelles observées — dépassant parfois 20 % de l’ensemble des comportements copulatoires enregistrés3. Ce chiffre mérite que l’on s’y arrête. Il ne s’agit pas d’événements isolés, d’accidents comportementaux ou de manifestations de dominance mal interprétées par des observateurs pressés. Les éthologues qui ont consacré des années à l’observation de ces populations décrivent des séquences comportementales complètes, structurées, répétées dans le temps. Plus remarquable encore : ces comportements remplissent des fonctions adaptatives identifiables. Chez certaines espèces de mouettes, des couples de femelles élèvent conjointement des poussins issus de fécondations occasionnelles par des mâles. Chez les oies cendrées, des paires de mâles défendent des territoires avec une efficacité supérieure à celle des couples hétérosexuels, leur double masse corporelle constituant un avantage dans les conflits territoriaux. La formation de couples homosexuels capables d’élever des jeunes a été documentée avec suffisamment de rigueur pour que l’on puisse affirmer que ces comportements ne sont pas erratiques mais s’inscrivent dans des stratégies adaptatives précises, liées notamment à la défense du nid et à la survie de la progéniture dans des conditions environnementales difficiles. Faut-il en conclure que ces oiseaux sont « homosexuels » au sens où un être humain l’entend ? La réponse est non, et cette nuance est capitale. Les individus qui forment des paires de même sexe chez ces espèces se reproduisent par ailleurs par voie hétérosexuelle classique. Il n’existe chez eux ni préférence exclusive pour un partenaire de même sexe, ni rejet des interactions avec le sexe opposé. Le terme de bisexualité décrit bien plus fidèlement la réalité observée que celui d’homosexualité. Les oiseaux en question ne « choisissent » pas un sexe plutôt qu’un autre ; ils intègrent des comportements homosexuels dans un répertoire sexuel qui demeure fondamentalement hétérosexuel sur le plan reproductif. Le saviez-vous ? Les comportements homosexuels — montes, parades, formations de couples de même sexe — ont été documentés chez plus de 450 espèces animales dans la littérature scientifique. Ce chiffre, établi à partir de recensions systématiques, couvre des mammifères, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens, des poissons et des insectes. Les chercheurs estiment qu’une observation plus systématique porterait ce nombre bien au-delà, de nombreuses espèces n’ayant tout simplement jamais fait l’objet d’études comportementales suffisamment détaillées pour que ces interactions soient repérées. Les girafes ou la visibilité spectaculaire Si les oiseaux fournissent les données les plus abondantes, les girafes offrent les images les plus saisissantes. Chez les mâles de cette espèce, les interactions à connotation sexuelle entre individus de même sexe comptent parmi les manifestations les plus visibles de tout le règne animal. Les séquences comportementales observées ne laissent guère de place à l’interprétation alternative : les mâles entrelacent leurs cous dans des parades prolongées, se montent mutuellement et présentent des érections manifestes au cours de ces interactions. La morphologie même de l’espèce — cous de plusieurs mètres, masse corporelle considérable — confère à ces parades une dimension spectaculaire que les éthologues n’ont eu aucune difficulté à documenter sur le terrain. Ces observations posent une question que vous êtes en droit de formuler : si ces comportements existent chez des espèces aussi éloignées que les mouettes et les girafes, à quoi servent-ils du point de vue de l’évolution ? La réponse des biologistes évolutionnistes converge vers une interprétation fonctionnelle : les comportements homosexuels animaux constituent, dans la majorité des cas, des stratégies relationnelles.
L'homosexualité est-elle un choix ? par Grégoire Delarue - Éditions Revolu

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