Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
Aimer peut-être, mais plus n’importe qui ! — Nathalie Hardy — Éditions Revolu
Famille et développement personnel

Aimer peut-être, mais plus n’importe qui !

Manuel d’éveil aux relations amoureuses saines et durables

Pages 211
Langue Français
ISBN 9798197311559
Parution 17/05/2026
Format broché 13,90 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi, après des années de travail sur vous-même, l'idée de vous remettre en couple comme avant ne vous fait plus rien, voire vous fatigue à l'avance ? Cette indisponibilité nouvelle n'est pas une fermeture, ce n'est pas une peur, ce n'est pas non plus une amertume mal digérée. C'est le signe qu'un seuil intérieur s'est déplacé, et que vous n'acceptez plus les relations par défaut, celles qui ne servaient qu'à combler un manque. Cette intolérance au médiocre vous appartient, et elle a ses raisons d'exister. Ce livre vous propose de la prendre au sérieux, en construisant pas à pas la cartographie complète de qui vous êtes, de ce dont vous avez besoin, et de ce qu'un partenaire peut vraiment vous apporter. Trois questions structurent ce parcours, et vous y répondrez dans des espaces d'écriture intégrés aux pages, qui feront de cet ouvrage votre exemplaire personnel. Le but n'est pas de fuir le couple. Le but est de cesser d'y entrer aveugle, pour reconnaître, le jour venu, la personne qui mérite vraiment d'y entrer avec vous.

Sommaire

Pourquoi ce livre
Qui suis-je
Le piège des étiquettes
Cartographier ses valeurs profondes
Cartographier ses rythmes
Cartographier ses zones sensibles
Cartographier son fonctionnement émotionnel
Cartographier ses non-négociables
Quels sont mes besoins
Besoin et désir, manque et appétit
Les besoins fondamentaux à identifier en soi
Les besoins qu’on confond
Les besoins qu’on peut combler seul
Les besoins qui n’appartiennent qu’à la relation
Que peut m’apporter un partenaire
Renverser la question
Le portrait du partenaire compatible
Ce que l’on n’attend plus, ce que l’on attend précisément
Aimer en connaissance de cause

Extrait

Quand je repense aux dîners auxquels j’ai assisté ces vingt dernières années, je suis incapable de me souvenir d’une seule conversation qui ait commencé autrement que par la question rituelle : que fais-tu dans la vie. J’ai toujours répondu mon métier, mes interlocuteurs ont toujours hoché la tête, et nous nous sommes ensuite quittés en pensant nous être rencontrés. C’est cette illusion-là, parfaitement codifiée et collectivement entretenue, qui rend si difficile la connaissance de soi et, par conséquent, le choix d’un partenaire qui nous correspondrait vraiment. Ce chapitre propose d’examiner ce mécanisme, parce que tant que vous n’aurez pas démonté la couche des étiquettes par lesquelles vous vous présentez, aucune cartographie sérieuse de vous-même ne sera possible. La question qui suis-je est en réalité la plus mal posée de toutes celles qu’on se pose avant une nouvelle relation, et la raison en est simple : nous avons appris à y répondre par des formules qui rassurent tout le monde, à commencer par nous-même, et qui ne disent rigoureusement rien. L’étiquette comme uniforme social Observez la prochaine fois que vous rencontrez quelqu’un. Trois questions arriveront, dans cet ordre, avec la régularité d’une horloge suisse. Le métier. La situation familiale. Le lieu de vie. Trois étiquettes qui, mises bout à bout, sont censées dresser votre portrait. Sauf que ces trois étiquettes vous décrivent à peu près aussi finement qu’une fiche d’inscription au gymnase. Le métier vous loge dans une catégorie professionnelle. Il dit ce que vous faites pendant huit heures par jour, parfois bien, parfois en regardant la pendule. Il ne dit rien de ce qui vous tient en vie le reste du temps. La situation familiale vous classe en célibataire, en couple, divorcée, parent. Quatre options, comme dans un sondage de fin de repas. Aucune ne traduit la qualité de vos liens, la profondeur de vos solitudes, ce que vous avez appris en route. Le lieu de vie indique un code postal. Pas un territoire intérieur. Pourtant ces étiquettes sont si commodes que vous finissez par les confondre avec votre identité réelle. Vous ne vous présentez plus, vous vous déclarez. Comme à la douane. J’ai mis longtemps à comprendre que cette présentation par étiquette avait une fonction protectrice qu’il fallait reconnaître avant de la critiquer. Elle évite l’exposition immédiate. Personne n’a envie de répondre, à un dîner du samedi soir, par je suis quelqu’un qui a passé trois ans à se reconstruire après avoir compris que sa vie d’avant ne lui ressemblait pas. Ce serait gênant pour tout le monde, surtout pour la maîtresse de maison qui s’efforce de servir son entrée chaude au bon moment. Alors vous dites votre métier, vous parlez de la météo, vous demandez des nouvelles des enfants des autres, et vous rentrez chez vous soulagée d’avoir réussi votre personnage. Cela vous coûte trois heures de votre dimanche, une migraine, et la vague impression d’avoir perdu votre soirée. C’est le tarif social en vigueur, et je le paie comme tout le monde. La fonction sociale de l’étiquette n’est donc pas le problème. Le problème commence quand vous finissez par y croire vous-même, quand vous confondez ce que vous présentez avec ce que vous êtes, quand le formulaire devient la personne. Le saviez-vous Dans la majorité des premières rencontres amoureuses, les trois quarts des informations échangées dans la première heure relèvent strictement de l’identité sociale, presque jamais de l’identité émotionnelle ou existentielle. Au bout de soixante minutes, vous savez où la personne travaille, mais vous ignorez encore ce qui la fait pleurer en regardant un film banal un dimanche soir d’automne. Voilà pourquoi, deux ans plus tard, vous tombez de haut en découvrant l’inconnu avec lequel vous viviez. Vous aviez signé avec une étiquette. Vous vous étonnez maintenant qu’une personne en soit sortie. L’usage social de l’étiquette n’est donc ni à condamner ni à abandonner. Il faut simplement cesser de le prendre pour ce qu’il n’est pas. Une étiquette se présente, une personne se rencontre. Confondre les deux opérations, c’est s’assurer des années de malentendus parfaitement courtois. Quand le rôle finit par dévorer la personne Certaines étiquettes ont une particularité inquiétante. Elles ne se contentent pas de décrire, elles dévorent. Elles prennent toute la place et finissent par occuper l’espace mental qu’aurait dû occuper la personne en dessous. Le métier est le grand champion de cette colonisation. J’ai croisé des hommes qui, à soixante ans, ne savaient plus se présenter autrement que par leur fonction professionnelle, parfois même après la retraite.
Aimer peut-être, mais plus n’importe qui ! par Nathalie Hardy - Éditions Revolu

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