Santé, Forme et Diététique
60 bonnes raisons d’arrêter le cannabis
Tout ce qui revient quand vous arrêtez de fumer
Format broché
14,50 €
Format Kindle
6,99 €
Présentation
Savez-vous ce qui vous attend le lendemain d'un soir où vous n'auriez pas fumé ? Vous connaissez parfaitement ce que le cannabis vous apporte ce soir : des années de répétition vous l'ont appris. En revanche, vous n'avez probablement aucune idée de ce qui revient quand la consommation s'arrête, faute d'avoir connu cet état depuis longtemps. C'est cet angle mort que ce livre explore. Soixante bénéfices identifiés, regroupés en douze domaines : la clarté mentale, le sommeil et les rêves, le calme intérieur, le goût des choses ordinaires, le souffle, les sens, le désir, le temps disponible, la présence auprès des autres, l'image de soi. Pour chacun, ce qui se passe réellement dans le corps et dans la tête, pourquoi cela s'était arrêté, et ce qui explique qu'on ne s'en soit jamais aperçu. Aucune injonction, aucune culpabilité, aucun programme à suivre. C'est aussi, pour cette raison, un livre qui s'offre : un fumeur ne l'achètera pas forcément de lui-même, et lui mettre entre les mains ce qu'il ignore de ce qu'il pourrait retrouver reste l'un des cadeaux les plus utiles qu'on puisse faire à quelqu'un qu'on aime.Sommaire
Le jour où j’ai pesé mon dernier joint
Le brouillard se lève
La flemme n’était pas ma personnalité
Les rêves reviennent, et ils sont dingues
La parano fait ses valises
Le corps se rappelle qu’il existe
Sous la couette aussi, ça change
Fais le compte de ce que ça te coûtait
Ne plus jamais attendre un message qui n’arrive pas
Être là pour de vrai
N’ayez pas peur
Extrait
J’ai acheté une balance de précision pour arrêter de fumer. Pas pour mieux doser. Pour doser moins. Elle coûtait une quinzaine d’euros, elle affichait le millième de gramme, et elle a passé deux mois sur la table basse du salon, à côté du cendrier. Chaque soir, je posais mon herbe dessus. Chaque lundi, je retirais deux millièmes de gramme. Il faut que je précise quelque chose tout de suite, parce que c’est le point de départ de ce livre et qu’il n’est pas très courant. Je n’avais aucun problème avec le cannabis. Je n’avais pas touché le fond. Je n’avais perdu ni travail, ni permis, ni personne. Personne ne m’avait fait la moindre remarque, et je n’avais jamais essayé d’arrêter – pas une seule fois, pas même une semaine, pas même pour voir. L’idée ne m’avait tout simplement jamais traversé l’esprit sérieusement, parce que je ne voyais pas ce que j’aurais eu à y gagner. C’est ça, la vraie mécanique, et je crois qu’elle concerne beaucoup plus de monde que les histoires de descente aux enfers. On imagine toujours qu’on quitte un produit parce qu’il fait du mal. Mais quand il n’en fait pas – ou plus exactement quand le mal qu’il fait est si lent, si diffus et si ancien qu’il se confond avec votre caractère –, il n’y a aucune raison d’arrêter. Rien ne pousse. Rien n’alerte. La vie se déroule, un peu terne, un peu au ralenti, et vous mettez ça sur le compte de l’âge, du travail, de l’époque. On ne quitte pas quelque chose qui ne coûte rien. Et je ne savais pas ce que ça me coûtait. Alors pourquoi la balance ? Pour rien de spectaculaire, et c’est bien le problème quand on cherche à raconter cette histoire. Il n’y a pas eu de déclic, pas de phrase entendue au bon moment, pas d’électrochoc. Il y a eu une curiosité, un soir, sans intensité particulière : l’envie de savoir à quoi ressemblerait ma tête sans ça. Pas pour arrêter. Pour voir. Comme on soulève un tapis dont on est certain qu’il n’y a rien dessous. Je me suis dit que je pouvais mener l’expérience proprement, sans me priver, sans date butoir, sans en parler à personne. Descendre doucement, observer, et remonter si ça ne donnait rien. Je n’ai jamais eu l’intention d’arrêter au moment où j’ai commencé. Cette absence d’intention est probablement ce qui a rendu la chose faisable : on ne peut pas échouer à un projet qu’on n’a pas. C’est pour cette raison que je ne parle jamais de volonté dans ce livre. Je n’en ai pas manqué, je n’en ai pas fait preuve. Je n’en ai simplement pas eu besoin. Deux joints par soir. Trente milligrammes chacun, une fois que j’ai commencé à les peser. C’est peu, en apparence. C’est tous les jours, en réalité, et c’est ça qui compte. Le premier lundi, je suis passé à vingt-huit milligrammes. Je n’ai rien senti. Le deuxième, vingt-six. Rien non plus. Le quatrième, le sixième, le dixième. À aucun moment je n’ai eu l’impression d’arrêter quelque chose. C’est probablement pour cette raison que ça a tenu : il n’y a jamais eu de soir où je devais renoncer. Il y avait seulement un soir où j’avais un peu moins que la veille, et où mon cerveau, occupé à autre chose, ne relevait pas. Au bout de deux mois, j’étais à dix milligrammes. Le tiers du point de départ. Et là, quelque chose d’étrange s’est produit : je ne ressentais plus aucun effet, et je continuais quand même. Je roulais, j’allumais, je fumais. Il ne se passait rien. Pas de détente, pas de bascule, pas ce moment où la journée se referme. Rien. Juste un papier qui brûle entre mes doigts pendant que je regardais une série. C’est le jour où j’ai compris de quoi il s’agissait vraiment. Le produit ne me tenait plus. Ce qui me tenait, c’était le geste, l’heure, le fauteuil, l’odeur du briquet, la seconde qui précède la première bouffée. Le rituel avait survécu à la molécule. J’avais passé des années à croire que je fumais pour l’effet, et il restait là, intact, sans effet du tout. Il ne me restait plus qu’une chose à faire. Pas arrêter de fumer – c’était déjà réglé. Occuper autrement ce moment de la soirée, assez longtemps pour que mon cerveau finisse par graver quelque chose d’autre à la place. Un mot indispensable avant d’aller plus loin.